L'Aran ou Val d'Aran (en occitan
gascon: Aran / la Vath d'Aran ou plus localement
Aran / era Val d'Aran et en catalan Vall
d'Aran) est une comarque de Catalogne,
correspondant à la partie espagnole de la
haute vallée de la Garonne (620,47 km²)
qui se prolonge par le Haut-Comminges et la partie
française (Occitanie) de la vallée.
La Garonne prend sa source dans la vallée
au Guell de Joueu, à la résurgence
du trou du Toro, comme l'a clairement démontré
Norbert Casteret. La Garonne devient française
(occitane) au Pont du Roi.
Le nom Val d'Aran serait un pléonasme
: il signifie 'Vallée de la vallée'
(val en gascon et aran du basque haran
- le basque était encore parlé vers
l'An Mil dans la région). Un nom intéressant
pour un lieu non moins intéressant.
La vallée est bien sûr à la frontière
de deux Etats : la France et l'Espagne mais aussi
de plusieurs régions aux personnalités
bien affirmées : Gascogne, Languedoc, Catalogne
et Aragon.
Ces nuances sont visibles dans la géographie,
la langue, l'organisation administrative. On l'a compris,
la réalité aranaise est donc à
la fois riche et complexe.
Géographie et Accès
Le Val d'Aran correspond à la vallée
supérieure de la Garonne.
D'après Norbert Casteret, celle-ci prend sa
source principale dans le massif de la Maladeta, en
Aragon, où
elle s'engouffre au Trou de Tòro pour rejoindre
le Val d'Aran par la résurgence des
Uelhs de Joeu. Pour les Aranais, la véritable
source, l'Uelh dera Garona, se situe au Plã
de Beret à proximité du port de la Bonaïgua.
Cette branche serait en effet plus longue que le cours
officiel et son débit plus important.
Géographiquement, la vallée fait donc
partie du bassin de la Garonne, qui se déverse
dans l'océan Atlantique, depuis le versant
nord des Pyrénées. Le Val d'Aran
est donc clairement du côté nord de la
ligne de partage des eaux.
Le Val d'Aran fut une enclave longtemps l'hiver.
La vallée était sans communication directe
avec l'Espagne par le haut col de la Bonaïgua,
longtemps impraticable en hiver, jusqu'au percement
du tunnel de Vielha (en catalan) en 1948. De même,
au nord, le resserrement du prolongement de la vallée
à Saint Béat, ("Passus Lupi"
- ou "passage juste suffisant pour les loups",
d'après les Romains) rendait la circulation
moins facile côté français.
La région est caractérisée par
un climat atlantique, dû à son orientation
particulière, différente de celle des
autres vallées de la zone.
En 2003, une heure de route est nécessaire
à partir de la sortie d'autoroute de Montréjeau,
soit deux heures depuis Toulouse. Une nouvelle bretelle
doit encore en améliorer la desserte. Le réseau
routier espagnol a également été
rénové récemment.
Au Sud du val d'Aran on trouve le très
beau massif des Encantats (des 'Enchantés'),
haut lieu de la randonnée pédestre (à
ski l'hiver).
Vidéo du Val d'Aran
Val d'Aran, le ski à l'espagnole
Les Pyrénées sont en vogue, et particulièrement
le val D'aran. On vient de Barcelone,
de Saint-Sébastien
ou de Toulouse, pour skier
et s'amuser à Baqueira-Beret,
station dotée de 57 pistes, totalisant 93 km
de domaine skiable, tandis que sa zone résidentielle
peut acceuillir plus de 6.000 personnes. La Maladeta,
l'un des derniers glaciers des Pyrénées,
dont le pic d'Aneto culmine
à 3.404 m.
Langue au Val d'Aran
Linguistiquement, les habitants parlent l'aranais,
une variété de gascon montagnard fortement
influencée par le catalan et le castillan.
Dans le passé, l'aranais, a toujours été
traditionnellement la langue parlée mais le
catalan a toujours été
aussi très présent dans les écrits
anciens officiels.
La loi sur le régime spécial du Val
d'Aran (Generalitat de Catalunya, gouvernement
autonome de Catalogne
espagnole) déclare explicitement que l'aranais
est une variété de la langue occitane,
et lui donne un statut de langue officielle, au même
titre que le catalan et le castillan.
Durant le régime franquiste, le castillan
était la seule langue officielle et l'usage
des langues régionales était interdit.
Comme d'autres langues minoritaires d'Europe, l'aranais
connaît une renaissance. Les habitants parlent
couramment catalan, castillan et aranais, mais aussi
régulièrement français.
L'aranais est écrit au moyen de l'orthographe
classique occitane (qui est donc celle de la forme
officielle des toponymes locaux). Il est régulièrement
enseigné à l'école depuis 1984.
L'aranais se distingue du gascon standard par le
maintien du pluriel latin en -i (comme en italien)
:
'Benvengudi entà Aran'
"(soyez) bienvenus en Aran"
Les articles définis aranais sont : eth/er,
es, era, es.
Garona ("la Garonne") tire son nom d'un
mot commun signifiant 'cours d'eau'.
Organisation administrative du Val d'Aran
Le val d'Aran est aujourd'hui une comarca
du nord-ouest de la communauté autonome de
Catalogne, situé
sur le versant nord des Pyrénées.
Elle est bordée par la France (Occitanie)
au nord, l'Aragon
à l'ouest et la Catalogne
(comarques d'Alta Ribagorça au sud et Pallars
Sobirà à l'est).
La vallée a presque toujours fait partie de
la Catalogne,
(avec curieusement, souvent dans le passé,
des administrateurs aragonais).
Pourtant, d'un point de vue religieux, la région
était toutefois théoriquement dépendante
de l'autorité de l'évèque de
Saint-Bertrand-de-Comminges, et refusa longtemps celle
de l'évèque d'Urgell. C'est curieusement
la Révolution française qui coupa ce
lien avec la France, en réorganisant les évêchés
en fonction des départements français.
Très tôt, la vallée a d'ailleurs
bénéficié d'un régime
d'autonomie, de "marche" indépendante,
défendant ses coutumes propres qui a fait que
certains auteurs ont été jusqu'à
parler de République pyrénéenne
(non loin d'une autre curiosité ; la Principauté
d'Andorre).
Du point de vue juridique, on se réclamait
d'ailleurs, clairement en fonction des opportunités,
soit des capitouls toulousains, soit de l'intendance
d'Auch, soit des corts catalanes de Barcelone.
La capitale de la comarca est Vielha, avec 5.020
habitants (1996). La population de la vallée
est d'environ 7 130 habitants (1996).
Les principales communes sont :
- Vielha e Mijaran
- Bossòst
- Les
Le territoire est organisé en six divisions
administratives, appelées terçons (signifiant
« tiers », car elles étaient anciennement
au nombre de trois: Naut-Aran, MidjAran et Baish-Aran,
c'est à dire Haut, Moyen et Bas Aran). L'arrangement
actuel des divisions date du XVe siècle.
Communes du Val d'Aran
- Arres 67 habitants
- Bausen 52 habitants
- Bossòst 1.021 habitants
- Bòrdes 235 habitants
- Canejan 107 habitants
- Les 829 habitants
- Naut Aran 1.713 habitants
- Vielha e Mijaran 5.020 habitants
- Vilamòs 175 habitants
Communes de la comarque du Val d'Aran
Économie du Val d'Aran
Le revenu principal provient des stations
de ski en hiver et du tourisme en été.
La station
de Baqueira-Beret offre un des plus grands domaines
skiable des Pyrénées.
Les autres principaux secteurs de l'économie
incluent les produits forestiers, l'élevage
et l'apiculture, qui ont perdu en importance depuis
le développement du ski.
Haute vallée des Pyrénées catalanes,
le val d'Aran, en dépit de l'aménagement
de stations de
ski, conserve encore le rythme de la vie pastorale
de l'Espagne d'autrefois. L'herbe pour le fourrage
y est coupée à la main et transportée
vers les granges sur des traîneaux de bois.
Histoire du Val d'Aran
La vallée a connu une histoire complexe, celle
d'une région de montagne isolée mais
aussi trés influencée par ses deux grands
voisins ; la France et l'Espagne. Au cours des siècles,
le Val d'Aran a réussi à jouer
un jeu risqué et opportuniste d'alliance, pour
faire s'équilibrer les appétits des
principales puissances régionales : Gascogne,
Languedoc, Catalogne
et Aragon. (Source : Wikipedia,
licence GFDL).