Les Fêtes de San Fermin ou Sanfermines
(Fêtes de Saint Firmin, en français),
sont les fêtes célébrées
annuellement du 6 au 14 juillet, à Pampelune,
capitale de la Navarre
(Espagne), en honneur du saint patron de la communauté
forale, saint Firmin.
Profondément enracinée dans la communauté
forale depuis des siècles, cette célébration
a acquis au XXe siècle une renommée
internationale, grâce, notamment, à
l'auteur américain Ernest Hemingway, qui
a contribué à la rendre populaire
à travers certains de ses romans (notamment
dans Le
Soleil se lève aussi). Il est de
coutume de considérer ces fêtes comme
les 3èmes du monde, en nombre de participants,
après le Carnaval de Rio et la Fête
de la bière à Munich. On estime à
3 millions le nombre de personnes qui peuplent les
rues de la ville pendant neuf jours.
Ces fêtes multicolores transforment littéralement
le visage de la capitale navarraise, qui devient
le théâtre d'un spectacle populaire
mêlant le profane au sacré. À
cette occasion, les habitants revêtent la
tenue blanche, réhaussée d'un foulard
et d'une ceinture rouges.
Saint Firmin nest pas en réalité
le saint patron de Pampelune
(qui est saint Saturnin), mais de la Navarre
toute entière, qui chôme par conséquent
le 7 juillet. San Fermín, qui vécut
au IIIe siècle, était le fils du chef
militaire romain de Pampelune.
Il fut converti par un religieux français de
passage en Navarre,
saint Saturnin. Il partit alors se former à
la vie ecclésiastique à Toulouse, avant
de revenir évangéliser la Navarre.
Dans sa vie religieuse, il assura la direction du
diocèse dAmiens, où les autorités
le firent égorger (on en était alors
aux débuts de la christianisation). Son corps
repose toujours à Amiens mais trois de ses
reliques ont été déposés
en léglise San Lorenzo de Pampelune.
Les premières célébrations en
lhonneur du saint eurent lieu au cours du Moyen-Âge,
elles étaient alors organisées à
loccasion du jour de saint Firmin, le
10 octobre. Peu à peu, d'autres types de célébrations
vinrent s'y greffer : foires et corridas,
attestées dès le XIVe siècle.
Pour des raisons climatiques évidentes, les
fêtes furent avancées au mois
de juillet en 1591, les Navarrais fêtant lévènement
le 7 de ce mois. Progressivement, ces festivités
se sont développées jusquà
devenir telles que nous les connaissons aujourdhui.
Vidéo des fêtes de San Fermin
Déroulement des fêtes de San Fermin
Les Fêtes de San Fermín ont lieu
du 6 au 14 juillet de chaque année. Chaque
journée est parfaitement rythmée par
les différentes manifestations, organisées
par la ville de Pampelune, et qui se répètent
inlassablement d'année en année. D'autre
part, les associations, sociétés festives
et les simples groupes d'amis participent également
à l'animation de cette semaine festive, en
organisant leurs propres programmes de réjouissances.
Le Txupinazo
Le coup denvoi des fêtes est donné
le 6 juillet à 12h00 précises sur la
Plaza Consistorial, devant la Mairie. Là, des
milliers de personnes agglutinées attendent
impatiemment louverture officielle des festivités,
dans un concert de chants, sous les jets de Champagne,
de farine et autres projectiles. Alors quà
quelques minutes du début, la foule scande
en chur le nom de San Fermín,
le Conseil Municipal apparaît au balcon et à
midi pile, face aux milliers de pamplonicas
tendant leurs foulards rouges vers la Mairie, une
personnalité désignée prononce
la fameuse phrase : « Pamploneses, Pamplonesas,
Viva San Fermín, Irunshemes, Gora San
Fermín », reprise en chur par
la foule. Le premier pétard est lancé
(on lappelle le txupinazo ou el primer
cohete), indiquant aux pamplonais que leurs fêtes
sont désormais ouvertes, dans les hurlements
de joie dune foule prête à affronter
les neuf jours que comptent les sanfermines.
Cest à ce moment là que chacun
noue autour de son cou le précieux foulard
rouge. Une fois la place dégagée, les
bandas de gaiteros et de txistularis
sortent de lHôtel de Ville, suivies de
la banda municipale La Pamplonesa, pour égayer
les rues de la cité aux airs de chansons populaires
de Navarre et du
Pays Basque
: Animo Pues, Agur Jaunak (ancestral
morceau basque, joué pour saluer la venue dune
personne importante ou chère)... Il est à
noter quil sagit dune célébration
assez récente, puisque officiellement organisée
depuis 1940.
Le Riau Riau et les Vísperas
Cette cérémonie officielle a eu lieu
jusquen 1991 et est actuellement remise au goût
du jour par des associations (après une tentative
officielle de renouvellement en 1996, sans lendemain).
Traditionnellement, le 6 juillet à 16h30, les
autorités municipales et ecclésiastiques
de la ville, se rendaient depuis la Mairie jusquà
lÉglise de San Lorenzo, à quelques
centaines de mètres, pour y célébrer
las Vísperas, la messe en lhonneur
du saint patron, la veille de sa fête. Peu à
peu, le jeu a consisté pour les jeunes pamplonais
à ralentir le cortège en se plaçant
devant lui. Ainsi, des milliers de personnes se retrouvaient
chaque année dans la Calle Mayor et freinaient
le parcours des autorités. Le parcours se déroulait
au son du Vals de Astrain, une valse, renommée
Riau Riau, reprise en chur par la foule,
et interprétée sans discontinuer jusqu'à
destination. Las, les manifestations politiques et
les débordements agressifs qui sen suivaient
ont entraîné la suspension de ce moment
clé des Fêtes. La messe a toujours lieu,
à 20h00, chaque 6 juillet, et constitue de
ce fait le premier acte religieux du cycle festif.
La procession
Elle a lieu le 7 juillet à 10h00. Depuis léglise
de San Lorenzo, les autorités civiles et religieuses,
les responsables des Peñas et des corporations,
ainsi que dautres personnalités de la
ville accompagnent la statue du Saint à travers
les rues de la cité. Le cortège est
animé par la Banda Municipale, la Pamplonesa,
les Géants, les txistularis, les gaiteros
et des danseurs. Des milliers de pamplonais et de
navarrais se placent le long du parcours pour saluer
la sainte effigie. Au niveau de léglise
de San Saturnino, un groupe de joteros entame la Jota
a San Fermín, en lhonneur
du saint patron navarrais, qui retourne à léglise
de San Lorenzo, où des milliers de personnes
viennnent se recueillir durant les Fêtes.
Le 14 juillet, dernier jour de fête, la même
procession aura lieu pour saluer une dernière
fois le saint. Cette procession sappelle La
Octava (la huitième).
Les Dianas
Les Fêtes commencent véritablement
le 7 juillet, jour du Saint, et premier jour de corrida.
Comme chaque matin, La Pamplonesa, lharmonie
municipale, anime les traditionnelles dianas.
Les dianas sont danciens morceaux de
musique militaire espagnole, qui étaient joués
au petit matin pour réveiller les troupes.
Ces morceaux ont été adaptés
au goût pamplonais et sont interprétés
du 7 au 14 juillet à 6h45, pour réveiller
la ville avant lencierro, en arpentant
les rues du centre historique. Cest un moment
qui peut apparaître surréaliste, où
se mêlent les couche-tard achevant leur nuit
de libations et les lève-tôt, partant
pour lencierro. Des dizaines de personnes suivent
la Pamplonesa dans ses pérégrinations
matinales, en reprenant en chur les paroles
de ces marches, et en dansant à leur rythme.
L'encierro
Lencierro est un évènement
ayant lieu tous les matins du 7 au 14 juillet à
8h00. Cest sans doute ce qui a fait la réputation
de ces Fêtes à travers le monde,
grâce notamment à lauteur américain
Hemingway, qui, inconditionnel de ces réjouissances,
les a souvent évoquées dans son uvre.
Lencierro consiste à lâcher
dans les rues de la ville les toros qui seront
combattus laprès-midi dans les arènes.
Le parcours est immuable et mesure un peu plus de
800 mètres dans les rues du centre. La veille,
les toros auront déjà été
transférés depuis les corrales
(étables) del Gas (à quelques
centaines de mètres du centre) vers ceux de
Santo Domingo, légèrement en contrebas
de la ville haute. Cet instant sappelle lencierrillo
et a lieu à 23h00, sans coureurs, uniquement
en présence des vachers.
Le matin, dès 6h00, les volontaires commencent
à se rendre sur le parcours : les spécialistes
comme les novices. Courir les toros requiert
de lentraînement et une certaine connaissance
de la chose. Les habitués connaissent l'exercice.
Mais ces coureurs néchappent pas aux
accidents, le toro restant un animal sauvage
et dangereux. Par ailleurs, la foule de plus en plus
dense, notamment les jours de week-end, rend de plus
en plus difficile la course. La municipalité
communique ainsi depuis plusieurs années les
consignes à respecter, par voie écrite
et orale. D'autres solutions sont à l'étude,
visant à sécuriser davantage la manifestation.
Les règles essentielles consistent à
respecter l'animal, à courir devant lui sans
le toucher, sur un segment donné du parcours
et à s'écarter ensuite, afin de laisser
place aux autres coureurs.
Lencierro est toujours précédé
de la prière à San Fermín,
récitée au début du parcours,
dans la Cuesta de Santo Domingo, devant une
statue du Saint entourée des foulards des seize
peñas de la ville :
A San Fermín pedimos por ser nuestro
patrón,
Nos guíe en el encierro, dándonos su
bendición (bis)
Viva ! Gora !
Cette prière est chantée à 7h55,
7h57 et 7h59. À 8h00 pile, au coup de pétard,
les portes des corrales souvrent, permettant
aux toros et aux cabestros (les bufs
domestiqués servant à les guider) de
sortir et de se lancer dans une course à travers
la Côte de Santo Domingo, la Plaza del Ayuntamiento,
la Calle Mercaderes, la Calle Estafeta, Telefónica
et enfin les Arènes. À larrivée,
les toros sont dirigés vers les étables
des arènes où aura lieu le sorteo
(tirage au sort des toros, pour les répartir
entre les matadores). En attendant, les arènes
sont le cadre de jeux de vaches auxquels assistent
des milliers de personnes.
Les Géants
Chaque matin, une procession de Géants est
organisée à travers les rues de la ville.
Elle est composée de plusieurs personnages
:
- les Géants (Gigantes), sont de très
hautes statues de bois, sculptures huit rois et reines,
représentant les quatre races et continents.
Un danseur prend place dans chacune de ces effigies,
et exécute des pas de danse au son de la musique
des gaiteros.
- les Kilikis, sont six personnages dotés de
masques effrayants. Ils sont là pour effrayer
les enfants avec leurs armes.
- les cinq cabezudos précèdent
les géants. Revêtus d'un masque en forme
d'énorme tête (d'où leur nom),
ils marchent dignement en tête de procession.
Ces processions attirent une foule considérable,
multigénérationnelle. Elles se retrouvent
ailleurs en Espagne, sous d'autres formes.
La corrida
La corrida
a lieu chaque après-midi des Fêtes
à 18h30. Les arènes de Pampelune
sont les deuxièmes plus vastes dEspagne,
après celles de Madrid
(23 000 places), avec 19 500 places. Les corridas
font le plein absolu chaque soir, et il est presque
impossible de pouvoir se procurer des billets. Tout
est pris par abonnement renouvelé chaque année
(souvent, les abonnements passent de père en
fils, ou dami en ami), et les 10% que la Loi
impose de réserver à la vente pour le
jour du spectacle sont achetés par les revendeurs,
qui les réinjectent à prix dor
sur le marché noir.
Les corridas pamplonaises sont organisées
par la Casa de Misericordia (communément
appelée la Meca), association caritative
en faveur des personnes âgées, qui sélectionne
les élevages qui courront dans les rues de
la ville et seront combattus dans les arènes,
contracte les matadores, gère les abonnements
et la vente des places, . Lensemble des
spectacles taurins est réuni dans ce que lon
appelle la Feria del Toro, qui désigne
la partie strictement taurine des Fêtes,
à la charge de la Meca. Feria del
Toro et Fiestas de San Fermín sont
donc intrinsèquement liées, lune
ne pouvant exister sans lautre. Cest par
ailleurs le seul moment de lannée où
Pampelune célèbre des courses de toros.
Les corridas
à Pampelune sont
réputées pour leur aspect débridé.
La particularité de Pampelune tient à
lambiance qui règne dans les arènes.
Alors que dans le reste de lEspagne ou de la
France, les corridas
sont un spectacle artistique qui requiert un certain
silence, les pamplonais considèrent, eux, la
corrida
comme un élément de la fête,
et où lon se doit donc de faire la fête.
Chacun amène aux arènes de quoi boire
et de quoi se nourrir : la merienda (le goûter),
qui consiste à manger (du simple sandwich à
la daube de toro) une fois le 3ème toro
mort, est une institution à laquelle personne
ne déroge.
Les gradins soleil, où sont situées
les peñas, revêtent une dimension
très spéciale. En ces lieux, le spectacle
a lieu dans les travées, et non en piste Les
sociétaires des peñas repoussent les
limites jusquà lextrême.
On apporte aux arènes certains même
avec des caddies les boissons dans des seaux
voire des poubelles, on arrive avec des gamelles de
nourriture, des gâteaux, des plateaux de charcuterie,
de fruits de mer, des fromages, afin de partager ces
denrées avec les amis et voisins de gradins.
Au 3ème toro, ceux qui jugent être
restés suffisamment dans les tendidos
quittent les gradins pour aller déguster ce
quils ont apporté, dans les couloirs
des arènes. Par ailleurs, nombreux sont les
litres de vin ou de sangría projetés
dans les gradins à coups de seaux entiers,
ou de pulvérisateurs ; la farine, le chocolat
en poudre, le papier hygiénique et autres joyeusetés
fusent également au travers des gradins.
Il n'est pas difficile d'imaginer lanimation
des lieux, et le bruit conséquent. Chaque peña
vient accompagnée de sa txaranga (petit
orchestre de cuivres, bois et percussions, semblable
aux bandas) qui joue régulièrement -
et souvent en même temps - pour égayer
les travées. Les morceaux interpétés
sont repris en chur par des centaines de personnes.
Jamais le tumulte, la fête ne sarrêtent,
pas même pendant le combat. Pour ces raisons,
certains toreros refusent de venir à
Pampelune.
Une fois la corrida
achevée, les membres des peñas
se rassemblent sur la piste, pour participer au moment
connu comme la salida de peñas (la sortie des
peñas). Chaque société va alors
sortir des arènes en musique et dans un ordre
strict pour aller animer les rues de la ville. Cest
un moment très apprécié, notamment
par ceux qui nétaient pas à la
corrida.
On voit alors sortir des arènes ces groupes
de pamplonais aux vêtements souvent souillés
par les projectiles de la corrida,
chantant et dansant.
L'estruendo
L'estruendo est une manifestation populaire
organisée à une seule reprise durant
les Fêtes, à 23h59 (souvent le
jeudi). Quiconque muni d'un instrument à percussion
est invité à se joindre à un
cortège bruyant, rassemblant plusieurs dizaines
de participants, et qui défile à travers
la ville, au son assourdissant des grosses caisses
et autres tambours, couvrant les quelques txistus
en tête de défilé.
Le Pobre de mí
Le Pobre de mí ("Pauvre de moi")
est la cérémonie de clôture des
Fêtes ayant lieu à minuit dans
la nuit du 14 au 15 juillet. Le nom est dû à
lair que chantent alors les Pamplonais, munis
chacun dune petite bougie à la main :
« Pobre de mí, pobre de mí, ya
se han acabado las Fiestas de San Fermín ».
Il existe en fait deux célébrations
du Pobre de Mí. La cérémonie
officielle à lieu sur la Place de la Mairie.
Des milliers de navarrais munies de petites bougies
se regroupent sous les balcons de lHôtel
de Ville, où le Maire prononce son discours
de clôture, terminé par la fameuse phrase
: « Ya falta menos para los Sanfermines de 2005.
Viva San Fermín, Gora San Fermin. ».
Un orchestre entame alors le « Pobre de Mí
» repris en chur par la foule, qui, à
cet instant, retire le foulard rouge de son cou. La
cérémonie officieuse est organisée
par les Peñas sur la Plaza del Castillo.
À minuit, chacun ôte son foulard, et
les peñas accompagnées de leurs
orchestres, les unes après les autres dans
un ordre strict, entament le Pobre de Mí
en faisant le tour de la place. Comme à la
Mairie, des chants populaires sintercalent entre
chaque interprétation du Pobre de Mí
qui est joué à plusieurs reprises.
La fête populaire
Le jour
La journée, à Pampelune,
est tout aussi animée que les nuits. Les activités
proposées par la municipalité, ou les
associations, sont très nombreuses. Après
lencierro, la journée commence
tranquillement. Alors que les couche-tard rentrent
se reposer quelques heures, les autres commencent
à peupler les restaurants de la ville. La foule
se fait de plus en plus dense vers 10h00, pour le
défilé des Gigantes.
Par la suite, la foule envahit les innombrables bars
et restaurants de la ville, pour lapéritif
et le repas, animés par les groupes musicaux
et les txarangas des peñas.
Tout au long de la journée, des concerts de
musique traditionnelle ou actuelle sont organisés
en différents points de Pampelune,
et des activités sont programmées pour
les pamplonais et visiteurs de tous âges.
Par ailleurs, certaines journées sont consacrées
à certains en particulier. Ainsi existe-t-il
la journée des Txikis (enfants) et la
journée des anciens.
La nuit
Une fois la corrida
passée, alors que les peñas parcourent
la ville, les pamplonicas et les visiteurs
se dirigent vers les bars et les restaurants pour
lapéritif et le repas. La municipalité
et les associations organisent un grand nombre de
concerts et de bals gratuits, plus ou moins importants,
où se rassemble une foule importante. Parallèlement,
tous les soirs a lieu un concours international de
feu dartifices, rassemblant parmi les plus prestigieux
artificiers du monde, ce qui permet à la ville
de jouir dune certaine réputation en
la matière.
La nuit est la période où la ville
reçoit le plus de monde. Des dizaines de milliers
de personnes sagglutinent alors aux comptoirs
des bars, des peñas et autres associations
pour festoyer jusquau petit matin, voire davantage.
Les peñas
Une peña désigne généralement
un groupe damis se constituant en société
pour partager une ou plusieurs passions en commun,
dans une ambiance informelle et souvent liée
à la fête. Ainsi, on trouve en Espagne
des peñas taurines (les membres se réunissant
pour parler de leur afición, assister à
des corridas, participer à des visites délevage...),
des peñas de supporteurs (foot-ball notamment)...
En Navarre, la
peña est indéniablement liée
à la fête. Il existe à Pampelune
seize peñas dites sanfermineras,
c'est-à-dire seize peñas dont
lobjet est de partager ensemble les Fêtes
de la cité. Leur vie est conditionnée
par San Fermín, quelles préparent
tout au long de lannée. Ces sociétés
proposent néanmoins à leurs sociétaires
un grand nombre dactivités en dehors
des Fêtes : culturelles, sportives, repas, cours
de basque... Qui plus est, elles ouvrent leurs locaux
régulièrement (certaines tous les jours),
ce qui en fait des lieux de rencontre entre sociétaires
et habitants du quartier.
Si les premières peñas à
avoir été créées étaient
situées en centre-ville, les dernières
nées sont plutôt attachées à
un quartier hors du centre en particulier. La première
à avoir vu le jour est la Peña La
Única en 1903, suivie de deux autres dans
les années 30, puis dune grande vague
de création entre 1945 et 1955. On assiste
à une dernière vague de fondations dans
les années qui ont suivi la mort de Franco.
Les peñas comptent entre 250 et 450
membres, auxquels il faut ajouter les txikis,
qui, mineurs, ne peuvent être sociétaires.
Chaque peña possède un foulard
propre, une ceinture (faja) et une blouse (surchemise,
de couleur différente selon la peña,
que portent les membres de peñas pour
se reconnaître entre eux). Durant les Sanfermines,
elles sont accompagnées dune txaranga
(orchestre engagé pour la durée des
Fêtes) et dune banderole retraçant
en dessin et avec ironie les évènements
marquants de lannée dans la vie locale
et internationale et portée par les sociétaires
pour annoncer larrivée de la peña.
Chaque peña possède également
un hymne chantant les mérites des Fêtes
et de lassociation, joué à l'envi.
Pour les fêtes, la plupart de ces associations
ouvrent leur local du centre-ville. Elles entrent
en scène le 7 juillet, premier jour de toros.
On les voit alors sillonner les rues de Pamplona le
midi pour lapéritif, les sociétaires
qui le veulent peuvent alors se joindre à la
txaranga précédée de la banderole,
pour rendre visite aux bars de la ville.
San Fermín Txiki
Le 8 juillet 1978, des débordements dans les
arènes, lors de la corrida,
avaient entraîné l'intervention de la
Police nationale espagnole. Des affrontements violents
se produisirent et un spectateur, Germán Rodríguez,
est tué par les forces de l'ordre. L'incident
conduisit à annuler les Fêtes de San
Fermín.
Les festivités furent reportées au
troisième week-end de septembre. Ces trois
jours de fête se sont maintenus depuis lors,
perdant de leur force avec le temps et sont connus
sous le nom de San Fermín Txiki (Petit
San Fermín) ou San Fermín de
Aldapa. (Source : Wikipedia,
licence GFDL).