Géographie de la Navarre
Relief et climat
La Communauté Forale de Navarre
est située au nord de l'Espagne, et fait frontière
avec la France (163 km de frontières). Elle
peut être divisée du nord au sud en trois
grandes zones géomorphologiques et climatiques
: la zone montagnarde, la zone centrale et la Ribera.
La zone montagnarde
Elle est située au nord de la communauté
et s'étend sur l'extrémité est
des monts basques (sous-ensemble du système
cantabrique) et l'extrémité occidentale
des Pyrénées. Cette zone est limitée
par les massifs d'Urbasa, d'Andía, de Sarvil,
de Perdón, d'Aláiz, d'Izoco et de Leire.
La zone nord-ouest, s'étend à cheval
sur l'extrémité orientale des massifs
basques (cantabrique) et sur l'extrémité
occidentale des Pyrénées, est appelée
Navarre humide, en raison de son climat d'influence
océanique doux (températures moyennes
de 11 à 14,5°) et à la pluviométrie
généreuse (entre 1.400 et 2.500 mm.
de précipitations annuelles). Le relief - irrégulier
et accidenté - se caractérise par la
présence de nombreuses vallées : Cinco
Villas, Urumea, Leizarán, Araitz, Basaburúa
Menor, Doneztebe/Santesteban, Bertizarana, Baztán,
Burunda, Aranaz, Arakil, Larraun, Basaburúa
Mayor, Imotz, Atez, Odieta, Ultzama et Anué.
Les vallées pyrénéennes composent
les paysages du nord-est de la Navarre. Cette
zone présente des reliefs plus homogènes,
le long de la chaîne pyrénéenne,
d'où s'échappent des vallées
perpendiculaires à l'axe du massif : vallées
de l'Arga, de l'Erro, d'Arce, d'Aezkoa, d'Almiradío
de Navascués, de Salazar et de Roncal. L'altitude
y croît d'ouest en est (1459 mètres à
l'Aldi, 2436 mètres à la Mesa de los
Tres Reyes). Le climat est ainsi de type continental
humide et froid au nord, dérivant vers un climat
méditerranéen froid vers le sud et le
bassin de Pampelune. On
y enregistre des températures moyennes de 7
à 12°, et des précipitations moyennes
comprises entre 900 et 2200 mm.
Au sud de ces deux sous-ensembles, s'étendent
les vallées pré-pyrénéennes,
dans la continuation de la canal de Berdun en Aragon.
Ces vallées sont au nombre de deux : celle
de Pampelune et celle
de Lumbier-Aoiz. On y trouve un climat de transition
entre le climat méditerranéen froid
et le climat méditerranéen doux, avec
des températures moyennes de 10 à 13°,
et une pluviométrie oscillant entre 700 et
1400 mm.
La zone centrale
La zone centrale est une zone de transition entre
la Ribera et la zone de montagne, dont on retrouve
certains éléments.
La moyenne Navarre orientale (comprise entre
la rivière Arga et la frontière aragonaise)
est constituée d'une alternance de plaines
et de reliefs peu marqués s'adossant à
des montagnes douces épousant certains cours
d'eau. Le climat est d'influence méditerranéenne
(températures moyennes de 12,5 à 14°,
précipitations de 450 à 750 mm).
La région dite de Tierra Tudela s'étend
entre la moyenne Navarre orientale et l'Álava.
Il s'agit d'un ensemble de vallées, de plaines
et de montagnes très hétérogène
déployé autour de Tudele.
Le climat y est océanique au nord (1100 à
1500 mm de précipitations, températures
échelonnées entre 9 et 11°) et méditerranéen
au sud (500 à 800 mm de précipitations,
pour des températures comprises entre 11,5
et 13,5°).
La Ribera
La Ribera désigne la partie sud de la Navarre,
qui annonce déjà les plateaux secs de
Castille. La distinction qui est souvent faite entre
Ribera tudelana (autour de Tudele)
et Ribera estellesa (autour de Estella) est due davantage
à des critères culturels que géographiques,
les différences physiques entre ces deux contrées
étant très minces. La Ribera se caractérise
par un relief très accidenté et peu
élevé (crêtes, fossés,
plateaux,...). Le climat y est de type méditerranéen
continental, marqué par des étés
secs, des vents soutenus, de forts contrastes thermiques
annuels, et un régime pluviométrique
de faible intensité (moins de 500 mm de précîpitations
annuelles). La vallée de l'Èbre
apporte les recours hydrauliques nécessaires
au développement de l'agriculture, grâce
notamment à l'irrigation.
Hydrographie et végétation
La zone nord de la Navarre est traversée
par de très nombreux cours d'eau dont le débit
puissant et régulier est assurée par
des conditions climatiques idoines. Ces rivières
se jettent dans l'océan Atlantique et la mer
Cantabrique (Nive , Nivelle , Bidassoa, Urumea, Leizarán,
Araxes...) ou la mer Méditerranée après
avoir rejoint l'Èbre
ou ses affluents (Arga, Arakil, Larraun, Ultzama...).
Il n'est donc pas étonnant de voir dans cette
région une alternance d'épaisses forêts
de chênes, sapins, pins sylvestres, hêtres,
châtaigniers, de grandes prairies et pâturages
mais aussi de landes.
Dans la zone centrale les cours d'eau sont moins
nombreux mais la plupart d'entre eux descendant des
montagnes, ils présentent un débit régulier
et puissant, les principaux d'entre eux sont l'Ega
et l'Urederra. La végétation répond
au climat plus sec : moins de forêts de hêtres,
de chênes et de sapins, mais des massifs mixtes
de chênes rouvres et chênes verts alternant
avec la garrigue.
La Ribera, plus sèche, présente une
végétation très méditerranéenne.
Les forêts y sont absentes et la garrigue règne
en maître.
Démographie de la Navarre
La population de la Navarre s'élève
à 600231 habitants (1er janvier 2006), contre
un peu plus de 500000 en 1980. L'augmentation de la
population a été rapide et soutenue
(quoiqu'en-deçà de la moyenne nationale
espagnole) mais n'a pas été égale
sur tout le territoire de la communauté. Ainsi,
les grands centres urbains - au premier rang desquels
Pampelune - ont vu s'accroître
leur population, tandis que les vallées pyrénéennes
et la zone centrale continuent à perdre des
habitants.
Aujourd'hui donc, la majeure partie de la population
est installée dans l'agglomération pamplonaise
et dans la Ribera. 42,3% de la population réside
dans des villes de plus de 20.000 habitants (Pampelune,
Tudele, Barañáin),
et 39,2% dans des communes de 2.000 à 20.000
habitants. Le reste se répartissant dans les
villages à la population inférieure
à 2.000 habitants.
La Navarre ne doit pas sa vitalité
démographique à son solde naturel mais
à l'immigration, phénomène ayant
tendance à s'accentuer dans toute l'Espagne.
En 2006, les étrangers représentent
ainsi 9,1 % de la population navarraise. Communauté
riche et prospère, la Navarre attire
les migrants, qui s'établissent en priorité
dans la région de la Ribera.
Economie de la Navarre
Tendances générales
La Navarre a été traditionnellement
perçue comme une petite région agraire
au faible développement économique,
et ce, en dépit de la proximité des
industries basques.
Depuis le Programme de Promotion Industrielle lancé
par l'administration forale en 1964, la région
a toutefois connu un développement spectaculaire,
confirmé par les nouvelles compétences
dévolues par l'Etat lors de la Transition espagnole
(Constitution
de 1978 et Statut d'Autonomie de 1982). Les pouvoirs
publics navarrais, profitant de l'excellente position
géographique de la Navarre (sur les
axes Méditerrannée-Atlantique et France-Espagne)
et de l'autonomie fiscale, ont su développer
les infrastructures et encourager la création
et l'implantation d'entreprises, dans les domaines
de l'industrie et des services notamment. Le développement
d'un excellent service public d'éducation et
de recherche a nettement contribué à
renforcer cette tendance.
La population navarraise était jusque dans
les années soixante employée pour moitié
dans le secteur agricole. Ce chiffre a pu être
ramené autour de 6%, tandis que la part de
l'emploi industriel dans la population active tourne
désormais autour de 32%. Le taux de chômage
s'y établit désormais à 5,7%
de la population active, un des chiffres les plus
bas de toute l'Union européenne. Aujourd'hui,
le PIB par habitant atteint 23 156 euros (chiffres
2004), tandis que le taux de croissance s'établit
à 3,4% annuels. Cette croissance est soutenue
par un commerce extérieur dynamique.
Tendances par secteur
L'agriculture
L'activité agricole reste très bien
implantée en Navarre. La Communauté
forale dispose en effet d'une variété
de climats et de paysages permettant une grande diversité
dans la production. Le nord - montagnard et humide,
marqué par des paysages de forêts et
de prairies - est très fortement tourné
vers le pastoralisme. L'élevage bovin, mais
surtout ovin y est très développé,
ainsi que la culture du maïs. Les productions
de la zone centrale de la Navarre sont davantage
orientées vers les cultures céréalières,
fourragères et fruitières. La zone sud
de la Ribera possède de nombreuses surfaces
viticoles, mais aussi maraîchères.
Grâce à cette diversité, la communauté
a su se tourner vers une agriculture de qualité
dont elle commercialise des produits renommés
et protégés par une appellation d'origine
(Denominación de Origen) :
- Vins
de Navarre (Vino de Navarra)
- Vins de Rioja (Vino
de Rioja)
- Poivrons de Piquillo (Piquillo de Lodosa)
- Asperges de Navarre (Espárrago
de Navarra)
- Artichaut de Tudele
(Alcachofa de Tudela) |
- Fromage de Roncal (Queso Roncal)
- Fromage d'Idiazabal (Queso Idiazabal)
- Veau de Navarre (Ternera de Navarra)
- Patcharan navarrais (Pacharán Navarro)
- Aliments artisanaux (Alimentos Artesanos)
|
L'industrie
L'industrie navarraise - caractérisée
par de nombreuses petites et moyennes entreprises
- est très nettement localisée dans
deux zones : la Vallée de l'Èbre
et la région de Pampelune.
Formée de nombreuses entreprises autochtones,
l'industrie locale compte également sur la
présence de grands groupes industriels nationaux,
européens et internationaux. Deux activités
ressortent par leur importance : l'automobile et les
biens d'équipement. L'industrie agroalimentaire
joue également un rôle important dans
cet ensemble. C'est en grande partie grâce au
secteur industriel que la Navarre a pu faire
croître son niveau de vie et l'industrie continue
à exercer un poids non négligeable dans
l'économie forale, par sa capacité à
exporter et par sa haute valeur ajoutée due
à un niveau technologique très élevé.
Le secteur tertiaire
Un des faits significatifs des vingt dernières
années a été la montée
en puissance du secteur des services dans l'économie
navarraise. Le secteur représente à
l'heure actuelle plus de la moitié des emplois
et du PIB de la Communauté. Le tourisme (chemins
de St-Jacques, tourisme vert, fêtes de San
Fermín,...), les services aux entreprises,
l'immobilier notamment contribuent à la vitalité
du secteur.
Organisation politique et administrative de
la Navarre
L'organisation juridico-administrative actuelle de
la Navarre est directement issue de la Transition
démocratique espagnole ayant suivi la mort
de Franco. Durant
les années 1975 à 1982 sont adoptés
les deux textes qui régissent aujourd'hui le
fonctionnement de la Communauté : la Constitution
espagnole de 1978 et le statut d'autonomie de
1982.
Brève histoire de la Navarre espagnole
En 1512, Ferdinand d'Aragon, assurant la régence
de Castille selon les voeux de sa femme Isabelle,
décédée en 1504, avance d'obscurs
liens familiaux pour s'emparer plus ou moins légalement
du royaume de Navarre, au grand dam de la famille
gasconne des Albret, titulaire légitime du
trône. L'intervention de François Ier
de France permet de maintenir la Basse-Navarre (juridiction
de St-Jean-Pied-de-Port) dans le patrimoine des Albret
et donc dans la mouvance française. Quoi qu'il
en soit la Navarre se retrouve définitivement
séparée en deux entités, malgré
les tentatives de François Ier pour reprendre
la Navarre péninsulaire.
La Haute-Navarre (ou Navarre péninsulaire,
l'actuelle communauté forale) est intégrée
à la Couronne de Castille, tout en conservant
son statut de royaume, et, de ce fait, un très
haut degré d'autonomie vis-à-vis du
pouvoir central. Cette autonomie sera remise en cause
une première fois avec l'arrivée sur
le trône d'Espagne des Bourbon, lesquels, débarqués
du très centralisateur royaume de France, tentent
d'appliquer de manière minimale le modèle
français en Espagne. Le 30 novembre 1833, le
régime libéral en place procède
au découpage de l'Espagne en 48 provinces,
sur le modèle des départements français.
La Navarre perd son statut de royaume et est
constituée en province, avec pour capitale
Pampelune. Une loi de
1839 vient cependant confirmer ses fors, qui seront
abolis en 1876-77, marquant la fin du processus centralisateur.
La Navarre, repaire de carlistes et phalangistes,
se verra toutefois récompensée par le
Général
Franco pour son soutien lors de la Guerre
Civile de 1936-1939. Le dictateur lui octroie
un rétablissement - certes limité -
de son régime foral.
Constitution de la Communauté Forale
Durant la Transition démocratique, la Navarre
se constitue seule en communauté
autonome, refusant de se joindre aux trois provinces
basques voisines, qui souhaitent former avec elle
une seule et même communauté. Néanmoins,
une disposition transitoire de la Constitution
espagnole prévoit que, dans le futur, ce
rapprochement pourra se faire en cas d'entendement
et d'accord mutuels. Fondé sur l'ancien droit
foral hérité du Moyen-Âge, le
statut d'autonomie de la Navarre (appelé
Ley de reintagración y Amejoramiento del
Régimen Foral de Navarra, du 10 août
1982) consacre celle-ci en Communauté Forale,
ayant pour capitale Pampelune.
Découpage administratif de la Navarre
La Communauté Forale de Navarre se
compose de 232 communes, réparties en 5 Merindades,
19 Comarques, 5 Circonscriptions judiciaires (partidos
judiciales) et 3 zones linguistiques.
Institutions de la Navarre
Dotée de statuts particuliers, la Navarre
ne bénéficie pas de toutes les compétences
accordées aux nationalités reconnues
comme historiques (nacionalidades históricas),
c'est-à-dire les communautés dotées
d'une identité collective, linguistique et
culturelle différente du reste de l'Espagne
et ayant revendiqué leur spécificité
et leur droit à l'autonomie au sein du pays
avant la II° République (il s'agit de la
Catalogne, de
la Galice, du Pays
Basque, et, de l'Andalousie,
qui ne se désigne cependant pas comme telle
dans son statut d'autonomie).
La Navarre dispose cependant d'un niveau d'autonomie
très élevé, grâce à
son droit foral historique. En plus de jouir d'institutions
propres comme toute communauté espagnole (Gobierno
Foral, Parlamento Foral,...) et d'exercer
les compétences prévues par la Constitution,
la Navarre dispose de sa propre force de police
(la Policía Foral, qui agit en collaboration
avec la Guardia Civil et la Policía
Nacional), de deux langues officielles (le castillan
dans toute la communauté et le basque dans
la moitié nord, selon des règles fixées
par la Ley Foral del Vascuence de 1986, Loi
Forale de la langue basque) et surtout, de pouvoirs
exclusifs en matière fiscale, privilège
qu'elle partage avec les trois provinces basques.
Alors que dans toutes les communautés
autonomes espagnoles, c'est l'Etat central qui
calcule le montant de l'impôt et le récolte
pour son compte et celui des communautés
autonomes (auxquelles l'Etat reverse la part correspondante),
en Navarre, cette prérogative appartient
au Gouvernement Foral. Celui-ci a tous pouvoirs sur
l'administration fiscale, qui lui est d'ailleurs propre.
Selon un fonctionnement précis déterminé
en accord avec l'Etat, la communauté prélève
et gère le fruit de l'impôt (à
l'exception de la TVA et des droits de douane extra-communautaires,
perçus par Madrid)
puis reverse une quote-part au Gouvernement Central
de Madrid. Ce système
est appelé Convenio Económico.
Compétences linguistiques en Navarre
La Communauté Forale de Navarre possède
deux langues officielles. Le castillan, est la langue
commune à toute l'Espagne et doit être
connue par tous les citoyens. L'autre, le basque,
n'est officielle que dans la Communauté
autonome basque et en Navarre.
Une loi (la Ley Foral del Vascuence, de 1986)
assure sa défense et détermine trois
zones, pour autant de statuts différents de
la langue basque et de son utilisation dans la vie
publique. La Navarre est linguistiquement divisée
en 3 zones où sur 272 communes, 61 communes
sont dans la zone bascophone, où le castillan
et le basque ont un statut de co-officialité,
50 communes dans la zone mixte où des services
bilingues sont prévus à lintention
des bascophones et 161 communes dans la zone hispanophone
où seul le castillan est langue officielle.
(Source : Wikipedia,
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