Melilla est une ville autonome espagnole enclavée
sur la côte nord-est du Rif oriental Marocain,
sur la Méditerranée. Administrée
en tant que partie de la province de Malaga
avant le 14 mars 1995, Melilla est un port
franc ; la principale industrie est la pêche.
Le commerce transfrontalier (légal ou de contrebande)
est lautre source importante de revenus de Melilla.
En 1994, Melilla avait une population de 63670
habitants.
La ville de Melilla est revendiquée
par le royaume du Maroc tout comme Ceuta,
les îles Chafarinas, l'ilot du Perejil et autres
possessions Espagnoles dans la mer Méditérrannée.
Profitant de l'affaiblissement économique et
militaire qu'a connu le Maroc au 15 ème sicècle
lEspagne occupa la ville en 1497 qui appartenait
auparavant au royaume du Maroc depuis 789 année
de la fondation du premier royaume Marocain par Idriss
1er. Actuellement Melilla est peuplée
majoritairement par des colons espagnols mais leur
nombre diminua progressivement a cause du déclin
économique que connait la ville.
La souveraineté espagnole sur Ceuta,
Melilla et les Îles Chafarinas n'est
reconnue ni par l'Union Africaine ni par l'Organisation
de la conférence islamique ni par la Ligue
Arabe ni par l'organisation de l'Union du Maghreb
arabe, tous les pays membres de ces 4 organisations
(qui sont au total plus de 80 pays) considèrent
que l'Espagne doit décoloniser ces territoires
et les restituer au Maroc. De plus Melilla
ne bénéficieraient pas de la protection
de l'OTAN.
Il y a une pression très importante de la
part des émigrants africains qui veulent entrer
à Melilla, qui fait partie du territoire
de lUnion européenne. La frontière
est sécurisée par une double clôture
de 6 mètres de haut et des tours de guet. Malgré
cela, des réfugiés parviennent régulièrement
à la traverser illégalement. Le 28 septembre
2005, plus de 800 clandestins ont pris d'assaut cette
clôture et une centaine d'entre-eux sont parvenus
à pénétrer sur le territoire
espagnol, 6 ont été tués par
des tirs de la Guardia Civil.
Lenclave espagnole de Melilla (on prononce
"Méliya") est établie sur
la côte méditerranéenne du Maghreb
sur la partie orientale et la plus méridionale
du cap des Trois Fourches. Cette région est
située sur la partie la plus orientale de la
chaîne du Rif. La ville occupe le centre du
golfe du Gourougou, du nom du volcan qui le domine.
Le climat de Melilla est de type méditerranéen
méridional avec de fortes précipitations
en décembre et janvier, périodes où
les températures nocturnes sont inférieures
à 10° C. Les températures de juillet
peuvent atteindre 40°C. Lété
est très sec.
Phare de Melilla
Vidéo de Melilla
Melilla, une ville en forte croissance
Selon les autorités espagnoles, la ville de
Melilla serait une ville moyenne dans le sens
français du terme (72 000 habitants officiellement
enregistrés par les statistiques locales).
En fait, il est de notoriété publique
que la population réelle atteint probablement
le double de ce chiffre si ce nest bien davantage
encore sans quil soit matériellement
possible de létablir à laide
de critères fiables.
Ce très important différentiel peut
sexpliquer par de multiples motifs dont les
plus évidents sont issus de la forte pression
démographique du Maroc environnant où
lattrait, pour ne pas dire le mirage, de la
Communauté Européenne sert daimant
dans un environnement de type Tiers-Monde en pleine
évolution. Melilla compte donc une forte
proportion de résidants marocains (officiellement
enregistrés ou non). Quoiqu'il en soit, en
dépit de sa très petite surface (12
km²), Melilla n'est plus une ville moyenne,
mais est bel et bien en passe de devenir une ville
importante. Sa situation à proximité
du port industriel marocain de Beni-Ansar et Nador
la fait dominer une aire urbaine bicéphale
de quelques centaines de milliers d'habitants qui
commande un espace de plus dun million d'habitants.
L'Hinterland véritable est en fait bien
plus considérable. Pour appréhender
la réalité de Melilla, il est
donc indispensable de la considérer dans un
cadre plus large que celui défini par ses seules
frontières politiques.
Economie de Melilla
Depuis lindépendance du Maroc en 1956,
Melilla na plus accès aux mines
de fer du Rif qui en faisaient une importante ville
ouvrière liée à la sidérurgie
au point quelle portait le surnom de «
la Bilbao du Sud ».
Ces mines ont dailleurs été fermées
peu après leur nationalisation par lÉtat
marocain. Conservant son rôle de grande ville
de garnison espagnole, Melilla a converti ses
anciens quartiers industriels dans les années
soixante et soixante-dix en quartiers balnéaires
formant un front de mer résidentiel dense sur
la plage.
Économiquement, la ville est censée
vivre du secteur tertiaire où lon note
la curieuse absence dune importante activité
touristique de masse à laquelle on sattendrait
ici; le tourisme existant nétant que
de transit se dirigeant vers le Maroc ou en sortant.
De loin, cest le secteur public qui sert ici
de locomotive économique (masse salariale des
fonctionnaires et assimilés, des administrations
centrales et locales où dominent la Défense
Nationale, l'Éducation, le médico-social
et les administrations publiques). Le secteur commercial,
les transports et le secteur bancaire dominent le
secteur privé. En fait, Melilla vit sous perfusion
de lignes budgétaires issues de Madrid
et de Bruxelles et cette situation fait largement
penser à celle qui existe dans les territoires
et départements français doutre-mer.
Melilla semble donc vivre très au dessus
de ses moyens réels (les équipements
publics sont par exemple impressionnants dans ce cadre
très particulier), mais elle paraît compléter
ses revenus par les dividendes de son statut de port-franc
et une étonnante frénésie de
constructions immobilières ouvertement spéculatives
dont les origines financières sont parfois
obscures.
Histoire de Melilla
Cette enclave a pour origine un site fortifié
sur un promontoire rocheux séparant deux types
de côtes. Au Nord, dimpressionnantes falaises
basaltiques, au Sud, une côte basse régularisée
par laction maritime qui se poursuit, en territoire
marocain par une vaste lagune dénommée
«Mar Chica» (Petite Mer) où est
établie la ville de Nador.
Le site fortifié a pour origine un établissement
phénicien (lantique Rusadir) occupé
ensuite par lEmpire romain puis Byzantin, vers
la fin du 7ème siècle la ville fut conquise
par le califat islmique Omeyade, vers 791 est conquise
par Idriss Ier fondateur du royaume du Maroc, en 859
la ville a subit des raids destructeurs des Vikings
qui l'incendièrent. En 927, la ville est rattachée
à l'Émirat de Cordoue
mais ce rattachement dure peu de temps et la ville
est de nouveau soumise par les nouvelles dynasties
Maroco-Musulmanes émergentes Almoravides, Almohades,
Mérinides et Wattassides ces derniers la conservèrent
jusqu'en 1497 quand la ville fut finalement prise
par les espagnols marquant ainsi le début des
expansions coloniales espagnoles dans la rive sud
de la mer Méditerrannée.
Le 6 novembre 2007, Melilla est visitée
officiellement par le souverain espagnol Juan
Carlos Ier, visite aussitôt critiquée
par les autorités marocaines car le 6 novembre
est la fête de la Marche verte au Maroc, autrement
dit la récupération du Sahara jadis
ocupée par l'Espagne. Certains habitans du
Rif (des villes de Nador et Beni Nsar) ont dépassé
une des deux clôtures qui marquent la frontière,
tentant de pénétrer à Melilla
le jour de la visite du roi
d'Espagne.
Les frontières de Melilla
Aujourdhui, la ville de Melilla est
limitée par une frontière en forme de
demi-cercle matérialisée par double
système de grillages ponctué de miradors
de verre et de béton, lensemble a été
financé par l'Union européenne. Le tout
est sévèrement contrôlé
par la Garde civile espagnole qui dispose dun
système électronique de détection
semble-t-il assez sophistiqué. Cette frontière
est percée de deux points de passage vers le
rif pour les véhicules et les piétons,
lun de ces deux postes frontière étant
réservé aux seuls habitants de Melilla.
Ces deux postes douaniers sont toujours très
encombrés, de jour comme de nuit.
Les raisons de cette frontière marquée
par un rideau de fer en sont dune part les permanentes
tentatives de passages clandestins de populations
du Maghreb et de l'Afrique Noire, espérant
atteindre l'Union Européenne. Dautre
part cette porte de l'Espagne est utilisée
pour introduire en Europe les produits dérivés
du cannabis et depuis une période récente
la cocaïne sud américaine transitant par
les grands ports marocains (Casablanca en particulier).
Cette frontière est cependant difficile à
contrôler en raison dun accord hispano-marocain
datant du Protectorat espagnol de 1912 sur le Rif
et qui autorise les habitants rifains dune zone
de 40 km autour de Melilla à la franchir
en présentant seulement leur carte didentité.
Inversement, les habitants de Melilla peuvent
se rendre dans cette même zone aux mêmes
conditions. Cet accord de réciprocité
oblige la police de lair et des frontières
espagnole à procéder à un contrôle
systématique de identités à la
gare maritime ou à laéroport pour
tous les passagers quelque soit leur nationalité,
sils veulent regagner la Péninsule espagnole.
Melilla est donc isolée, bien quelle
fasse partie de la circonscription téléphonique
de Malaga et quelle
soit reliée par trois mouvements maritimes
quotidiens vers Malaga et
Almeria ainsi quune
dizaine de vols, eux aussi quotidiens, vers certaines
villes de la Péninsule (Madrid,
Grenade, Almeria
et surtout Malaga). Depuis
la fermeture de la frontière algéro-marocaine
ayant entraîné leffondrement économique
de Oujda, Melilla est devenue de fait le seul
grand centre de redistribution commercial de tout
le Nord-est marocain.
La ville rifaine de Nador (environ 300 000 habitants
selon des statistiques marocaines très hésitantes,
en fait sans doute plus de 500 000), jointive de Melilla,
avec ses structures économiques archaïques,
ne peut que sous-traiter les activités économiques
du tertiaire de lenclave espagnole. Ce rôle
dominant de Melilla est donc fort différent
de celui de son homologue espagnol de louest,
Ceuta. Le nord-ouest rifain
dispose en effet dune véritable capitale
économique régionale qui lui est propre
et qui nest autre que Tanger, Ceuta
demeure donc un centre secondaire bien que davantage
connu en France que Melilla.
Rôle de la ville dans les débats
diplomatiques
Globalement, Melilla joue en fait le rôle
dun guichet et dun sas de décompression
économique entre un espace Schengen réputé
riche et un Tiers-Monde réputé pauvre
mais ici en cours de phase initiale de décollage
économique. Cette donnée permet de relativiser
les revendications territoriales affichées
de façon récurrentes par lAdministration
marocaine.
Les revendications dont fait lobjet lenclave
de Melilla (comme celle de Ceuta)
sont très anciennes et sont agitées
par deux éléments bien distincts. Dune
part, celui de lappareil d'État marocain
qui lutilise dans ses discrètes négociations
relatives à lancien Sahara espagnol annexé
par Rabat depuis la Marche Verte en refusant le projet
de référendum proposé par lONU.
La propositioin par lONU dun référendum
est en effet soutenue par la diplomatie de Madrid
avant que le parti socialiste ne monte au pouvoir,
alors que Paris ne semble guère y tenir pour
maintenir au Maroc son influence économique
et politique en offrant son soutien au Maroc.
De plus Madrid et
Rabat ont dimportants contentieux sur les droits
de pêche de la côte atlantique depuis
la fin de l'accord de pêche entre l'Union Européenne
et le Maroc, propriétaire avec la Mauritanie
d'une des Zones Économiques exclusives (ZEE)
les plus poissonneuses du monde, grâce à
l'upwelling.
La renégociation de cet accord était
d'importance pour l'Espagne car elle constitue 80%
de la flotte de pêche européenne ce qui
revient à dire que l'accord UE-Maroc est une
affaire plus bilatérale qu'autre chose. Paris
joue la carte de Rabat, Madrid
reprochant alors à Paris de ne pas faire jouer
la solidarité européenne en laissant
de fait la place aux coréens sur les côtes
atlantiques. L'Espagne a en effet refusé de
transférer ses prises sur les côtes marocaines
pour un contrôle de taille (les prises ont diminué
de moitié en volume mais aussi en taille des
poissons, l'écosystème ne se renouvellent
pas assez), mais aussi car le Maroc souhaitait que
ces prises puissent être transformées
sur ces terres pour récupérer la marge
de transformation.
Quant au rôle de Washington dans la région,
il est récent. Depuis la réélection
du Président Bush, le Département dÉtat
a renforcé ses liens avec Rabat en optant avec
Madrid pour une politique
déjà appliquée face à
la diplomatie française. Le retrait espagnol
de la scène irakienne depuis larrivée
dun gouvernement socialiste au Palais de la
Moncloa en est bien entendu la cause essentielle.
Depuis, le souverain chérifien laisse la presse
marocaine affirmer que Washington ne freinerait pas
les revendications marocaines sur Ceuta
et Melilla.
Washington na jusquici jamais démenti
ces rumeurs reprises récemment dans la presse
locale de Melilla. Dautre part, et cest
cet aspect qui est sans doute le plus inquiétant,
depuis lémergence dune forme violente
de lintégrisme islamiste inspirée
par le wahhabisme, Melilla est devenue avec
Ceuta une revendication hidjadiste
traitant ces deux villes de «cancers infidèles
et chrétiens en terre dIslam».
Il est vrai quaujourdhui, ce mouvement
en vient à revendiquer lAndalousie...
Largumentaire utilisé par le wahhabisme
na rien déconomique, dhistorique
ou de social, mais politique : il s'agit de lancer
des feux partout, rendre inquiet les occidentaux et
forcer au conflit des civilisations cher à
Huntington.
Si la population musulmane à Melilla
est traditionnellement modérée et peu
sensible à ce type de propagande (elle-même
étant définie par le wahhabisme comme
«traîtresse à lIslam»),
il nen demeure pas moins vrai quelle est
travaillée par des groupes belliqueux incontrôlés
venus du Maroc, ce que confirment certains incidents
dans les mosquées de la ville où les
imams légalistes se font régulièrement
physiquement agresser. A Melilla, lopinion
publique locale, toutes cultures confondues, semble
tétanisée face à ces incidents.
Quant à la position de Madrid
depuis la mise en place dune démocratie
parlementaire, elle est très stable, à
quelques variantes près selon la couleur politique
en responsabilité, même si ces variantes
sont aujourdhui exagérément grossies
par la presse locale, la municipalité et le
Conseil Régional de Melilla (ces instances
politiques étant majoritairement PP à
lheure actuelle). La population locale est en
outre massivement très attachée à
son appartenance à la Communauté Européenne
que lui confère la tutelle espagnole et dont
elle tire grand bénéfice.
Son niveau de vie économique est par exemple
exceptionnellement élevé dans le cadre
géographique qui est le sien. Enfin, la volonté
affichée et sans doute très réelle
quont tant lactuel gouvernement Zapatero
que celui de Rabat dentretenir de bonnes relations
semble plaider pour le maintient du statu quo ante
et donc la permanence dune certaine stabilité.
Un territoire revendiqué par le Maroc
La ville de Melilla est revendiqué
par le royaume du Maroc tout comme Ceuta,
l'îlot Persil, l'îlot d'Alborán
et las Plazas de soberanía (places de souveraineté).
Profitant de l'affaiblissement économique et
militaire qu'a connu le Maroc au XVe siècle
lEspagne occupa la ville en 1497 qui appartenait
auparavant au royaume du Maroc depuis 789 année
de la fondation du premier royaume marocain par Idrîs
Ier.
La souveraineté espagnole sur Ceuta
et Melilla n'est reconnue ni par l'Union africaine,
ni par l'Organisation de la conférence islamique,
ni par la Ligue arabe, ni par l'organisation de l'Union
du Maghreb arabe, les pays membres de ces quatre organisations
considérant que l'Espagne doit décoloniser
ces territoires et les restituer au Maroc.
De plus Melilla ne bénéficie
pas de la protection de l'OTAN. Les terres espagnoles
en Afrique du Nord ne font pas partie des territoires
à décoloniser selon las liste officielle
de l'ONU, à contrario du Sahara occidental
ou de Gibraltar par exemple qui eux en font parties
et donc sont toujours en attente d'une solution de
décolonisation.
Une porte de l'Europe
La frontière est sécurisée par
une double clôture de 6 mètres de haut
et des tours de guet. Malgré cela, des réfugiés
parviennent régulièrement à la
traverser illégalement. Le 28 septembre 2005,
plus de 800 clandestins ont pris d'assaut cette clôture,
et une centaine d'entre eux sont parvenus à
pénétrer sur le territoire espagnol,
6 ont été tués par des tirs de
la Garde civile.
Cadre administratif de Melilla
Depuis la promulgation de la Constitution
espagnole de 1978 garantissant lintégrité
territoriale de lÉtat, juridiquement,
la ville de Melilla constitue une commune («Municipio»)
à laquelle se superpose une collectivité
territoriale disposant, à lintérieur
dun État très décentralisé,
dune large autonomie de gestion définie
par son statut de «Ciudad Autonoma» qui
lassimile à une «Comunidad»
(léquivalent dune Région
française) au même titre que, par exemple,
la Catalogne ou
les Asturies.
LÉtat central y est représenté
par une «Delegacion del Gobierno» qui
correspondrait à une Préfecture de Région
en France. Cette représentation de lÉtat
vérifie la conformité constitutionnelle
des actes administratifs locaux et garde la haute
main sur les affaires régaliennes (Monnaie,
Défense, Intérieur ). Melilla
est représentée au Parlement de Madrid
par un député siégeant à
la chambre basse des Cortès et deux sénateurs
siégeant à la chambre haute. Partie
intégrante de la Communauté Européenne,
Melilla ny est cependant pas incluse
dans son espace fiscal, échappant ainsi à
toute TVA sur les prix à la consommation des
marchandises et des services. Depuis 1863, cest
tout le territoire de lenclave qui est un port-franc
alors quautrefois, il se limitait au rocher
supportant la citadelle et à ses quais. La
présence espagnole étant postérieure
à la présence marocaine dans la ville,
le territoire de Melilla, partie intégrante
de lancien duché andalou de Médina
Sidonia, a été occupée en 1497
par l'Espagne.
Sociologie
La population n'a rien d'homogène. Il sagit
plutôt dune collection de communautés
très différenciées qui se mélangent
peu.
Le groupe le plus important (environ 50% de la population)
est constitué déléments
dorigine ibérique et de confession catholique,
lui-même subdivisé en un élément
dominant dorigine andalouse et dun élément
secondaire dorigine catalane. Dans ces deux
groupes, linfluence de lEglise catholique
est en chute vertigineuse depuis la fin de lère
franquiste. Certains groupes économiques restent
cependant influencés par l'Opus Dei, en particulier
le secteur des transports maritimes.
Cet élément ibérique est politiquement
actif sur le plan local et reste très marqué
par lépisode franquiste. Cest en
effet à Melilla que le soulèvement
militaire a débuté en inaugurant la
guerre civile espagnole.
Melilla a donc été la première
victime des bains de sangs de la répression
nationaliste dès le 17 juillet 1936 (mille
fusillés, cinq mille prisonniers et autant
dincarcérés dans les camps de
concentration selon les dernières recherches
universitaires).
Toujours marquée par ces répressions
opérées par des troupes marocaines de
larmée coloniale espagnole (les Regulares
et la Legion), cette population est restée
pour le moins très méfiante vis-à-vis
de lélément musulman au point
de manifester dans certains de ses secteurs une indéniable
xénophobie bien que publiquement non avouée.
Sans doute faudrait-il chercher là lune
des raisons du succès électoral à
Melilla du parti conservateur (Partido Popular)
et la faiblesse relative du Parti Socialiste Ouvrier
Espagnol (PSOE). Laffaire de l'îlot Persil
qui opposa bruyamment lancien Gouvernement Aznar
au Gouvernement de Rabat na fait quaccentuer
cette tendance.
Ainsi, contrairement aux professions de foi pour
le «oui» au référendum à
la Constitution Européenne émises par
le Parti Populaire sur la Péninsule, ses instances
locales sont restées très discrètes
sur le sujet, le PSOE local (lui, ouvertement engagé
pour le «oui») accusant même son
rival de faire campagne pour labstention. Cette
attitude a été précisée
lors du référendum espagnol sur la question,
soulignant une manifestation protestataire et de repli
dun électorat, pour le moment silencieux,
désorienté par les évolutions
de la situation locale et quexploiterait à
son seul avantage électoral le parti conservateur.
Lélément berbère (de nationalité
espagnole) constitue numériquement le second
groupe. Il occupe une place notable dans le petit
commerce et certains secteurs des professions libérales.
Seuls les éléments les plus anciens
et les mieux intégrés participent à
la vie politique locale. Cependant, limmense
majorité musulmane de nationalité espagnole,
socialement défavorisée, semble politiquement
très passive, simplement satisfaite de la protection
de son statut économique protégé
que lui confère sa nationalité.
Melilla comporte encore une influente communauté
juive sépharade très bien intégrée,
elle est socialement, économiquement comme
politiquement très présente. Dans le
cadre espagnol, cette communauté constitue
une particularité remarquable.
Enfin, il existe une petite communauté hindoue
originaire de Goa en Inde. Elle sest installée
au XVIe siècle à Melilla, venant
du Portugal. Son rôle est surtout anecdotique.
Les berbères de nationalité marocaine
qui résident (légalement ou non) en
grand nombre à Melilla constituent un
groupe à part et plutôt rejeté
par toutes les autres communautés. Leur présence
est cependant «tolérée»
pour constituer une main duvre bon marché
et peu exigeante. De plus, trente mille marocains
franchissent très légalement la frontière
tous les jours (achats en Duty Free, travail légal
ou au noir, commerce plus ou moins licite, etc. )
en vertu dun accord ancien entre lEspagne
et le Maroc. Il faut encore noter que lÉtat
marocain entretient ici, pour ses ressortissants,
une école arabe source de conflits avec Madrid,
les enseignants détachés par Rabat ayant
reçu pour ordre récemment, de la part
de leur administration, de ne pas se faire établir
ou renouveler leurs cartes de séjour auprès
des autorités espagnoles.
Les autres étrangers sont officiellement quelques
centaines (Français, Belges, Néerlandais,
Chinois, Britanniques et Canadiens) ; ce sont généralement
des commerçants, des universitaires détachés
à lantenne denseignement supérieur
de Melilla qui dépend de lUniversité
de Grenade, sinon des retraités. Ils sont
peu visibles et sans aucune influence sur la vie politique
locale. Seule la France entretient une simple antenne
consulaire bien peu active, visiblement très
volontairement de la part du Quai d'Orsay, et qui
relève de son Consulat Général
à Séville. (Source : Wikipedia,
licence GFDL).