Le Moyen-âge
La littérature espagnole
médiévale traite essentiellement de
thèmes chrétiens, mais elle est marquée
également par linfluence et la richesse
des cultures islamique et juive, alors en pleine expansion.
Les plus anciennes traces littéraires qui nous
soient parvenues datent du début du XIIe siècle.
Il sagit de courts poèmes lyriques appelés
kharjas.
Apparaissent ensuite les épopées populaires
composées par les juglares, sorte de
ménestrels espagnols qui font léloge
de héros ou chevaliers locaux, traduisent les
rivalités entre les seigneurs, et évoquent
la lutte contre loccupant Maure présent
sur la péninsule ibérique depuis le
début du VIIIe siècle. Lune de
ces épopées la plus célèbre
est celle du « Poème du Cid » (Cantar
de mío Cid). Composé vers 1140,
ce poème vante les valeurs chevaleresques de
Rodrigo Díaz de Bivár, un seigneur local
connu sous le nom de Cid Campeador et qui se distingue
par son courage lors des luttes de la Reconquista.
Au XIIIe siècle, dans les monastères,
des érudits comme Gonzalo de Berceo (vers 1198
- après 1264), inventent le « métier
de clergie ». Il sagit de donner à
la langue castillane de véritables poèmes
en sinspirant de la vie des saints et des légendes
chrétiennes. Prenant le contre-pied de la littérature
libre des juglares, cette littérature dun
nouveau genre sapplique à respecter les
règles de la prosodie.
Ayant pour projet de compiler lensemble des
connaissances de son temps, le roi Alphonse X le Sage
fait de la Castille un lieu démulation
intellectuelle et un carrefour culturel en invitant
à sa cour des lettrés et des savants
musulmans, juifs et chrétiens de toutes origines.
Cest ainsi que de nombreux historiens, écrivains
et traducteurs développent une importante littérature
en prose destinée à enseigner. Le neveu
du roi, don Juan Manuel (1284-1348) rédige
par exemple un recueil de contes moraux le Comte
Lucanor (1335). Et en 1305 paraît le premier
roman de chevalerie espagnol : le Chevalier Cifar.
On peut considérer Juan Ruiz, archiprêtre
de Hita (1290 ?-1350 ?) comme le dernier représentant
de ce genre médiéval et lannonciateur
du renouveau de la littérature castillane.
Son recueil de poèmes le Livre de bon amour
(1330) qui présente encore les formes de la
poésie médiévale est original
dans le sens où il constitue comme une autobiographie
pleine dhumour et dautodérision.
À partir du XVe siècle, les épopées
chevaleresques sont rassemblées dans des recueils,
les romanceros, qui présentent les poèmes
sous formes de ballades chantées avec un accompagnement
instrumental. Les interrogations métaphysiques
et chrétiennes sont également perceptibles.
On les retrouve, par exemple, dans les Stances
sur la mort de son père (1476) de Jorge
Manrique qui exprime avec virtuosité la nécessaire
acceptation de la mort.
A la fin du XVème siècle, sous les
règnes de Ferdinand V et dIsabelle Ier
de Castille (1474-1504), les lettrés sont encouragés
à létude des humanités.
Cest dans ce contexte quen 1492, le grammairien
Antonio de Nebrija rédige la « Grammaire
de la langue castillane ». De son côté,
Garci Rodríguez de Montalvo achève en
1508 la révision du roman de chevalerie Amadis
de Gaule.
Du côté du théâtre, cest
La Comédie de Calixte et Melibée
de Fernando de Rojas, également connue sous
le nom La Célestine (publiée
en 1499), qui simpose comme une uvre clé
de la littérature espagnole. La pièce
relate lhistoire de deux amants, Calixte et
Mélibée, qui ont recours aux services
dune prostituée du nom de Célestine
pour favoriser leur amour.
Le siècle d'or
Avec laccession au trône du roi Charles
Ier d'Espagne, lEspagne passe sous la domination
des Habsbourg, sous laquelle elle restera jusquen
1700. Au cours du XVIe siècle, appelé
le « Siècle dor », lEspagne
prend le contrôle dune grande partie de
lEurope en même temps quelle établit
son empire colonial sur le Nouveau Monde. La littérature
de lépoque subit largement linfluence
philosophique et artistique de la Renaissance qui
parcourt lEurope. Le savant et humaniste hollandais
Érasme marque son empreinte dans la péninsule
à travers ses disciples espagnols comme Juan
Luis Vivès (1492-1540) et Juan de Valdés.
(Source : Wikipedia,
licence GFDL).