Les îles Canaries (en espagnol Islas
Canarias) sont une communauté
autonome espagnole située dans l'océan
Atlantique à l'ouest du Maroc. Elles constituent
deux provinces : Las Palmas
de Gran Canaria et Santa
Cruz de Tenerife. Les îles Canaries
font partie des régions ultrapériphériques
de l'Union Européenne.
Les îles Canaries sont reconnues par
l'Union africaine comme territoire africain occupé
par une puissance étrangère.
L'archipel des îles Canaries comprend
7 îles principales réparties en trois
groupes :
- à l'est : Lanzarote,
capitale Arrecife et Fuerteventura,
capitale Puerto del Rosario
- au centre : Grande Canarie (Gran Canaria) dont la
capitale est Las Palmas de
Gran Canaria, Ténérife dont la est
capitale Santa Cruz de Tenerife et La Gomera, capitale
San Sebastián de La Gomera
- à l'ouest : La Palma, capitale Santa Cruz
de la Palma et El Hierro, capitale Valverde.
Lanzarote, Fuerteventura
et Grande Canarie forment la province de Las
Palmas. Tenerife, La Gomera, La Palma et El Hierro
forment la province de Santa Cruz. Ces îles
présentent des caractères géologiques
et des configurations très différents
:
- Lanzarote a un relief
fortement marqué par un volcanisme récent
et encore actif ;
- Fuerteventura est
assez plate et surtout, très aride : elle est
la plus proche du Sahara ;
- Grande Canarie est une île massive, de forme
arrondie avec un relief montagneux marqué et
assez confus ;
- Tenerife est la plus
grande île ; elle est dominée par un
volcan actif situé en son centre, le Teide,
qui est le plus haut sommet d'Espagne ;
- Gomera, proche de Tenerife,
est une petite île au relief très morcelé,
avec des vallées sans communications faciles
entre elles, à tel point que ses habitants
ont inventé un extraordinaire langage sifflé,
le silbo, pour communiquer ;
- La Palma est montagneuse, c'est la plus humide et
la plus boisée des îles de l'archipel
;
- El Hierro est la plus petite, la plus lointaine
et la moins connue.
L'archipel des îles Canaries comprend
également des îles secondaires moyennes
:
- La Graciosa (habitée)
- Alegranza
- Los Lobos
- Montaña Clara
- Roque del Este
- Roque del Oeste
L'archipel des îles Canaries comprend
enfin des îlots et rochers :
Anaga
Garachico
Salmor
...
Les îles secondaires La Graciosa, Alegranza,
Montaña Clara, Roque del Este et Roque del
Oeste forment l'archipel de Chinijo.
La population des îles Canaries est
concentrée principalement dans les deux grandes
îles de l'archipel : Tenerife
et Grande Canarie.
Photos des îles Canaries
Etymologie
Les îles Canaries tirent leur nom du
latin Canariae Insulae ("îles aux
chiens") ; ce nom s'appliquait initialement à
la seule Grande Canarie
(Canaria Insula). Il vient des grands chiens
sauvages (canes) que les premiers explorateurs
ont découvert sur l'île.
Les îles Canaries sont probablement
connues depuis l'antiquité sous le nom d'«Îles
Fortunées». Elles ne seront redécouvertes
par les Européens qu'au XIIe siècle.
Les îles Canaries étaient connues
des phéniciens et des carthaginois. Cependant,
dans les écrits phéniciens, pas un mot
ne traite des aborigènes des îles
Canaries, si ce n'est pour décrire les
atrocités perpétrées par les
explorateurs sur les guanches.
Il est pour le moment impossible de déterminer
avec certitude quand et par qui furent découverts
les canariens. Certains disent les Arabes, d'autres
les Portugais, d'autres encore les Génois...
Il paraît qu'en 1335 débarquèrent
à Lisbonne 2 bateaux contenant 4 prisonniers
guanches. Ces bateaux étaient affrétés
par le roi du Portugal avec un équipage florentin,
génois et espagnol. Ces bateaux auraient atteint
les îles en juillet de l'année 1341 sous
le commandement du Génois Niccoloso da Recco
et du Florentin Angiolino del Teggihia de Corbizzi.
Ils y restèrent 5 mois et, à leur retour
à Lisbonne, ils apportèrent tant de
choses intéressantes que Boccaccio en personne
prit sa plume pour écrire un portrait des Guanches
en se fondant sur les données apportées
par Recco.
Selon ce que rapporte Boccaccio, les îles
Canaries "sont des terres rocailleuses sans
aucun type de cultures agricoles, mais riches en chèvres
et autres animaux et remplies d'hommes et de femmes
dénudés s'apparentant à des sauvages.
Certains de ces hommes semblent avoir du pouvoir sur
les autres et s'habillent de peaux de chèvres
teintes à l'aide de safran et de colorants
rouges. Ces peaux ont l'air fines et sont cousues
avec soin grâce à des fils faits en tripes
d'animaux. [...] Leur language est très doux,
et leur façon de parler très vive et
rapide rappelle l'italien". Boccaccio posa le
problème qui intrigue toujours ceux qui étudient
les Guanches, c'est-à-dire comment est-il possible
que dans les îles Canaries coexistent
aux côtés de troglodytes, des gens de
cultures supérieures qui ont des maisons avec
potagers remplis de légumes ? Ces Guanches
plus civilisés des îles orientales vivaient
aussi dénudés ou presque. En revanche,
ils cultivaient le blé et vivaient dans des
villes. Ils avaient des rois, des prêtres et
une noblesse, ils adoraient une divinité féminine
et embaumaient leurs morts. Les deux groupes, les
troglodytes et les agriculteurs civilisés,
étaient blonds aux yeux bleus et très
grands, comme des individus de type germanique.
Dans les années qui suivirent, les îles
furent le lieu de prédilection pour les chasseurs
d'esclaves de tous les horizons qui capturaient les
grands blonds afin de les revendre aux seigneurs d'Afrique
du Nord. Et ceci jusqu'en 1402 et l'arrivée
du conquérant normand Jean de Béthencourt
accompagné d'émigrants français.
Béthencourt, qui avait pour but la christianisation
des îles, parvint à s'établir
à Lanzarote, puis
à Fuerteventura
et à El Hierro. Il
fut reconnu roi des Canaries par Henri III
de Castille mais ne mit jamais pied sur les autres
îles, beaucoup plus peuplées et dont
les habitants étaient de farouches guerriers.
Pendant des dizaines d'années, Portugais et
Espagnols se disputèrent la possession des
terres. L'archipel, étape importante sur les
routes maritimes conduisant vers l'Afrique australe,
l'Asie et l'Amérique fut finalement attribué
à l'Espagne en 1479 par le traité d'Alcaçovas.
La conquête des dernières îles
ne se fit qu'en 1491 (La Palma) et 1496 (Tenerife).
Massacrés, emmenés en esclavage ou
assimilés par les colons, les différents
peuples Guanches disparurent, ainsi que leurs langues
et leur culture.
Christophe Colomb
y vécut et y fit escale pendant son voyage
de découverte de l'Amérique.
Économie des îles Canaries
Un million des Canariens habitent les 7 îles.
D'un climat doux, subtropical et ensoleillées
pendant toute l'année, bénéficiant
de singuliers paysages marqués par le volcanisme,
les Canaries sont une destination touristique
de tout premier plan (principalement à Tenerife,
Lanzarote, Grande
Canarie). Le secteur tertiaire représente
75 % de l'économie des Canaries.
L'industrie est surtout développée
dans l'agro-alimentaire, le tabac et le raffinage
de pétrole (la "Refinería de Petróleo
en Santa Cruz de Tenerife" est la plus grande
raffinerie d'Espagne).
Seul 10 % de la surface des îles est cultivée
avec des céréales, des vignes, du tabac,
des bananes, des tomates et des fruits tropicaux (avocats,
mangues et ananas). Ces produits sont exportés
essentiellement vers l'Espagne et l'Union européenne.
L'archipel est le lieu de villégiature annuel
de 4.000.000 de personnes. Beaucoup choisissent de
planter leur parasol dans les sables basaltiques de
Puerto de la Cruz, à Ténérife,
la plus grande des 7 îles, dont les paysages
boisés ou désertiques ne dissimulent
jamais les traces des colères volcaniques d'autrefois.
Un énorme monument de la nature, sculpté
par l'érosion éolienne, se dresse sur
les contreforts du pic du Teide, dont le sommet enneigé
culmine à 3.718 m. Le parc national de Las
Canadas, à Ténérife,
exhibe ainsi son joyau. Aux Canaries, selon
l'altitude, les paysages changent brutalement.
Il pleut rarement sur Lanzarote,
l'île aux 300 volcans, celle où le feu
de la terre court au raz du sol et côtoie l'eau.
L'île a été dévastée
à différentes reprises par des éruptions
qui ont rendu stérile une grande partie : ce
qu'on appelle le malpais, le "mauvais pays".
Mais ses ingénieux habitants ont réussi
à y faire pousser des vignes. Les plants, nichés
dans des cratères faits de poudre de lave,
sont enfoncés à une profondeur suffisante
pour que les racines atteignent le sol arable. La
rosée nocturne restitue l'humidité aux
ceps, tandis que les murets les protègent du
vent. Mais on va surtout à Lanzarote
pour traverser à dos de chameau la Montana
del Fuego, la montagne de feu aux entrailles incandescentes,
où l'on se sent très proche de ces forces
telluriques colossales qui hantent notre subconscient
depuis que l'humanité existe.
La Palma, l'île
jolie, est la plus verte de l'archipel. Si son centre
est occupé par l'un des plus grands cratères
du monde (28 km de périmètre, 9 km de
diamètre et 800m de profondeur) : la caldera
de Taburiente sur les parois de laquelle coulent des
eaux torrentielles, poussent des fougères géantes,
des pins énormes. Ses rives fertiles acceuillent
des bananeraies luxuriantes. Tomates, tabac, amandes
poussent sans effort sur cette île.
Fuerteventura, la
deuxième île de l'archipel par sa taille,
n'est séparée de l'Afrique que par un
mince couloir de mer où abondent sardines et
thons. La plage de Corralego, d'où émerge
un hôtel en béton, est entourée
de dunes sahariennes modelées par le vent.
Forte aventure doit son nom à un français,
Jean de Béthencourt, qui la baptisa après
l'avoir conquise au nom du roi d'Espagne. Elle fait
figure de désert : l'eau manque cruellement
à Fuerteventura
(une île où tout est plage, où
tout est sable devrait-on dire plutôt). Nulle
part ailleurs, on a l'illusion d'être au Sahara
(d'ailleurs à quelques encablures de là
seulement).
Sur l'île ronde de Gomera,
à la végétation exubérante,
les terrasses des pentes montagneuses descendent en
escaliers jusqu'aux rives où Christophe
Colomb aborda. (Christophe
Colomb fit escale aux Canaries à
chacun de ses voyages en Amérique). Sur cette
île, on peut visiter San Sebastian, petite bourgade
rose et capitale de Gomera
mais surtout Garajonay, la première réserve
de lauriers sylvestres du monde.
Gran Canaria héberge
l'aéroport
international de Gando et la ville Las
Palmas, la plus importante de l'archipel qui est
en passe de devenir une grande métropole avec
plus de 400.000 habitants. On y passe sans transition
des vastes campagnes riches en bananiers et en tomates
aux ravins escarpés du massif central volcanique;
des plaines de cailloux aux arètes coupantes
aux plages de sable fin, blanc, jaune ou noir; des
sommets de près de 2.000 mètres de Los
Pechos (les Seins) aux profondeurs de la caldera de
Bandama, un impressionant cratère éteint,
ou encore des hauteurs d'Agaete aux bords de la mer
de Maspalomas, un complexe touristique où les
pigeons de la voisine Afrique viennent étancher
leur soif dans la lagune.
Grand blond aux yeux bleus, seul, l'homme ne me parait
pas à sa place sur ce petit bateau qui cingle
vers l'île de Hierro,
à la fois la plus occidentale, la plus méridionale
et la plus petite des Canaries, que les touristes
ne visitent guère. Cette île desséchée
n'attire guère aujourd'hui que les amateurs
de solitude et de silence.
Courant migratoire des Africains
Porte d'entrée de l'Union européenne,
les îles Canaries ont reçu depuis
le début de 2007 plus de 4 700 clandestins.
En 2006, le nombre d'arrivées avait atteint
31 200 personnes débarquées illégalement.
Environ 300 personnes auraient péri en mer
en 2006 pendant la traversée en "cayuco",
bateau traditionnel des pêcheurs du Sénégal,
des 800 km séparant les côtes de la Mauritanie
à l'île de Tenerife.
Cette nouvelle route maritime de l'immigration illégale
s'est développée depuis le renforcement
des contrôles dans le détroit de Gibraltar.
L'Union européenne a apporté son soutien
financier et matériel à l'Espagne et
au royaume du Maroc pour les encourager à lutter
efficacement contre ce courant migratoire. Des missions
de police de l'agence "Frontex" (agence
européenne de contrôle des frontières
extérieures de l'Union européenne) sont
régulièrement organisées, ainsi
que sur les enclaves africaines espagnoles de Ceuta
et Melilla.
Encore 2006, la grande majorité des immigrés
subsahariens qui parvenaient aux Canaries étaient
transportés vers des centres d'hébergement
de la péninsule Ibérique, faute d'accord
de rapatriement avec leurs pays d'origine. Après
deux mois passés dans un centre d'hébergement
et munis d'une carte d'expulsion inapplicable, ils
étaient relâchés en Espagne. La
plupart prenaient ensuite la route vers le nord de
l'Europe. En 2007, l'Espagne a expulsé 500
immigrés subsahariens. Elle a légalisé
environ 500 000 immigrés clandestins ces dernières
années. (Source : Wikipedia,
licence GFDL)