La Galice est une communauté
autonome située dans le nord-ouest de l'Espagne.
La Galice est entourée par les Asturies,
Castille et León,
le Portugal et l'océan Atlantique. La Galice
recouvre une superficie de 29 574 km² et comptait
2 737 370 habitants en 2003.
La Galice se compose de quatre provinces :
La Corogne, Lugo, Orense et Pontevedra. Saint-Jacques-de-Compostelle
est la capitale de la communauté autonome.
Les deux langues officielles de la Galice
sont le castillan et le galicien.
La Galice couvre une superficie de 29 574
km² (presque la comme la Belgique) et possède
1300 km de côtes. À l'époque romaine
la Galice disposait d'importantes ressources
d'or, d'argent et d'étain.
La Galice est une zone géographique
limitée au nord et à l'ouest par l'océan
Atlantique, à l'est par une chaîne montagneuse
(Os Ancares) et au sud par le fleuve le plus important
de la péninsule ibérique par son débit
(O Miño).
La région est divisée en 4 provinces,
53 comarcas (cantons), 316 concellos
(communes), 3847 paroisses et 31 855 « noyaux
de population » (la moitié de toute l'Espagne
qui en compte 63 613) ou « aldeas » (hameaux).
Mais la paroisse est pour le galicien, la référence
absolue. Il est commun, si vous demandez à
un Galicien d'où il vient, qu'il vous réponde
par le nom de sa paroisse.
L'origine de ces paroisses est due aux Suèves,
peuple germanique qui fonda un des premiers royaumes
chrétiens d'Europe vers 410. Un document de
l'an 569 atteste de cette organisation admistrative,
le «Parochiale Suevorum».
Villes de Galice
La Galice se caractérise, à
la différence d'autres régions espagnoles,
par l'absence d'une métropole dominant le territoire.
En effet, l'armature urbaine est constituée
de plusieurs villes moyennes qui maillent la région
:
La Galice est connue pour le pèlerinage
de Saint-Jacques de Compostelle. On assiste aussi
depuis quelques années à un retour de
la musique traditionnelle galicienne et notamment
de la Gaita, la cornemuse locale. Une très
grande influence celtique est présente dans
la culture galicienne, qu'il s'agisse de musique ou
de coutumes. Plusieurs légendes et histoires
populaires de la Galice ont les mêmes
origines que celles connues dans d'autres régions
à influence celtique, par exemple l'Irlande.
L'intime art roman galicien La Galice compte le plus grand nombre de
bâtiments romans en Espagne, même si une
telle richesse patrimoniale n'est pas divulguée
comme dans d'autres lieux de la péninsule.
Seulement un certain retard dans le catalogue de ces
monuments a empêché que cette région
soit évaluée comme elle le mérite
dans un contexte de l'art roman hispanique ; l'histoire
et l'évolution de l'art galicien roman passe
par une série de phases et vicissitudes trop
complexes pour les détailler ici.
Tout au long du Moyen Âge s'est développée
en Galice une période de construction
où prédomina l'art roman, dans les grandes
cathédrales comme celle de Saint-Jacques-de-Compostelle,
aussi bien que dans les monastères, comme ceux
de la Ribeira Sacra, caractérisé par
l'importance des monuments, véritables plaques
fortes de l'architecture médiévale.
Mais l'art roman s'est aussi imposé dans des
centaines de paroisses rurales, éparpillées
un peu partout dans le territoire, plus particulièrement
dans la centre de la Galice.
À la tête du roman galicien on trouve
la cathédrale Saint
Jacques-de-Compostelle mais la Galice est
riche en cathédrales médiévales,
comme Lugo, Ourense, Tui
et Mondoñedo. Les zones à l'interieur
, là où les quatre provinces sont presque
unies dans un seul point, on retrouve l'une des plus
grandes concentrations d'art roman de toute l'Espagne.
Tout le long aussi de la côte atlantique, depuis
Pontevedra jusqu'à Lugo, passant par La
Corogne, l'art roman rural est étendu spécialement
aussi aux côtes de Pontevedra et du golfe Ártabro
de La Corogne et jusqu'à
d'autres zones plus éloignées de la
côte, dans toute la vallée verte ou montagneuse
on avait érigé des centaines de paroisses
rurales. Quelques communes ont plusieurs églises
romanes, des temples paroissiaux et des ermites de
la plus grande qualité artistique. Elles passent
souvent inaperçues aux regards d'un public
non averti.
La force visuelle des ces bâtiments de granit,
presque tous bien conservés sauf par l'action
directe de l'homme, est une rendue consubstantielle
au territoire galicien.
Une autre caractéristique de cet art galicien
est sa conservation dans le temps et la persistance
de l'architecture des formes romanes pendant les siècles
du bas Moyen Áge. Bien que quelques innovations
gothiques aient été utilisées,
les couvents et les temples ruraux des siècles
XIIIe au XVe, lesquels presque tous, perdurent de
claires réminiscences romanes, spécialement
dérivées du monde « mateano »
(du maître Mateo) de la cathédrale de
saint Jacques
de Compostelle.
L'intime simplicité de cet art s'est pleinement
identifié avec l'esprit de recueillement du
paysage et de la dévotion galicienne. Dans
les hameaux ou lieux-dits, aujourd'hui isolés,
des chemins en marge des routes touristiques habituelles
conduisent vers ces témoins de tant d'histoire.
Pour les visiter, il faut s'adresser sans réticence
aux habitants du village qui gardent les clés
des chapelles et connaissent plus d'une histoire sur
leur passé. Parfois abandonné par l'Église
et par l'administration, parfois victimes de restaurations
sauvages, ce patrimoine garde encore, dans son granit
séculaire, la finesse d'un loup, à San
Miguel d'Eiré, les signes lapidaires séculaires
des tailleurs, ou des jalousies d'inspiration celtique
encastrées avec d'autres pierres de taille
pré-romanes, dans les murs de l'église
de saint Estevo d'Atán. Pierre dans la pierre,
le monde galaïco a toujours été
dans cette superposition de cultures et de civilisations.
La faïence de Sargadelos Le complexe industrielle et culturel de Sargadelos
répond à un projet intégral et
moderne d'une grande importance pour la Galice,
l'entreprise, dont les origines remontent à
deux siècles en arrière, vers la fin
du XVIIIe, pour renaître au XXe siècle
et contribue ainsi à la récupération
de la mémoire du pays et une utilisation des
ressources naturelles de la région, où
industrie et dimension artistique sont en relation
étroitement liées.
L'initiateur du projet fut l'illustre galicien-asturien,
Antonio Raimundo Ibáñez Llano y Valdés,
libéral éclairé, que le peuple
et les premiers historiens ont fait Marquis de Sargadelos
et qui mettra en marche la première sidérurgie
intégrale de l'Espagne. Après avoir
découvert et identifié des réservoirs
proches du caolín (kaolin), au début
du XIXe. Dans ce même complexe vont créer
aussi une usine pour la fabrication de faïences
que, entre autres innovations, introduisait dans le
panorama ibérique un dessin particulier de
décoration mécanique des vaisselles
imprimées.
Cependant, au cours de la guerre de l'Indépendance
d'Espagne (1808-1813), guerre napoléonienne,
Ibáñez, accusé par ses ennemis
d'être un «afrancesado», un partisan
de Napoléon, a été traîné
par terre jusqu'à ce qu'il meurt dans les rues
de Ribadeo, où il avait son « pazo »
(manoir), face à la passivité de l'armée
anglaise retranchée dans la ville. Cette épisode,
tragique et injuste a été l'objet de
recherches controversées parmi les historiens,
et motif littéraire pour un grand nombre d'écrivains.
Ibáñez assassiné, ses usines
ont eu une subsistance inégale jusqu'à
ce qu'elles cessent en 1875, date à la quelle
se consume la fermeture et s'initie la dégradation
du complexe architectonique.
Sargadelos était un point important pour entreprendre
la récupération de l'histoire de la
Galice. Et avec sa restauration, naît
d'un projet de 1963 du Laboratoire de Formes de Galice,
puis soutenu et associé par l'expérience
acquise des Faïences du Castro depuis 1947.
Par conséquent, la convention entre le Laboratoire
des Formes, institution conçue en Argentine
par Luis Seoane et Issac Diaz Pardo, créateurs
artistiques et intellectuels galegistas exilés,
et Faïences du Castro, ils vont mettre en marche
les projets qui avaient cristallisé avec un
secteur expérimental en 1968, qui aboutira
finalement, le 10 mai 1970 par l'inauguration de la
nouvelle entreprise de Sargadelos dont les buts étaient
de restaurer la mémoire historique cachée
par la dictature du général Franco et
de créer en même temps une industrie
propre.
L'entreprise a situé les installations industrielles
hors de l'ancienne enceinte du complexe de Sargadelos,
et puis, le Laboratoire de Formes avait demandé
en 1972 que cet ensemble soit protégé
et déclaré d'Historique-Artistique,
protection lui fut accordé cette même
année.
C'est ainsi que, sous la direction de Diaz Pardo,
retourné en Galice, se fonde à
nouveau la « Faïencerie de Sargadelos ».
Depuis lors, des formes traditionnelles galiciennes
et des expériences d'avant garde internationales
se combinent dans une variété infinie
de pièces à usage quotidien ou décoratif
d'une qualité et d'un sucées extraordinaires.
Parallèlement, le Groupe Sargadelos est à
l'origine de projets culturels et industriels, devenus
fondamentaux dans la Galice actuelle.
Parmi ses initiatives, on peut citer, entre autres,
le séminaire de Sargadelos, consacrée
à la recherche technique, artistique et historique
; à Sada, d'une part, le musée Carlos
Maside d'Art galicien contemporain, d'autre part,
le complexe Do Castro: faïence, arts graphiques
et maison d'édition, ainsi que le Laboratoire
géologique de Laxe de la Fondation Parga Pondal
; à Saint-Jacques-de-Compostelle,
l'Institut Galicien de l'Information (IGN) et son
auditorium et, finalement, partout en Galice
et dans d'autres pays en Europe.
Le Royal Patronat de Sargadelos, qui protège
l'ensemble, a son siège dans la nouvelle reconstruction
de la Casa da Administración (Maison
de l'Administration).
L'émigration, une résistance culturelle
et politique L'émigration galicienne remonte à
l'époque moderne, quand les plus déshérités
se déplaçaient vers d'autres lieux de
la péninsule Ibérique pour réaliser,
en tant que saisonniers les travaux les plus durs, comme
la moisson ou le charriage.
Mais, en réalité, c'est au XVIIIe siècle
que commença la véritable diaspora des
travailleurs vers les Amériques. Tout au long
de ce siècle, le retard économique,
la situation géografique et la politique espagnole
ont rendu propice l'exode massif des Galiciens en
Amérique, au point que que celui-ci a atteint
un tiers de la population, un chiffre qui tourne autour
des deux millions de personnes. Le nombre d'émigrés
originaires de Galice étant tellement
important que, dans plusieurs pays américains,
il était habituel d'appeler « Gallegos
» tous les Espagnols qui s'y installaient.
Avec le temps, ces Galiciens de l'exterieur se sont
organisé dans des associations culturelles
et des uvres de bienfaisance, créant
de grands comités à la Havane, Buenos
Aires, ou Montevideo. Certains parmi les plus fortunés
ont financé la préservation et le rayonnement
des traditions et de la langue galiciennes dans l'émigration,
ainsi que la réalisation d'uvres philanthropiques
dans leur terre d'origine : travaux publics, écoles,
centres culturels...
L'Amérique latine ne pouvait plus s'expliquer
sans la Galice (le président cubain
Fidel Castro ou l'ex-président argentin Raúl
Alfonsín sont descendants de Galiciens) mais,
en retour la Galice ne peut pas non plus se
comprendre sans l'Amérique latine (l'hymne
galicien a été composé à
Cuba et partout il existe de traces de l'empreinte
« indiana » - des émigrants retournés
- , par exemple dans l'architecture ou la botanique).
Au XXe siècle, la préoccupation civique
et « galleguiste » de quelques-unes de
ces communautés émigrantes conflua avec
l'attitude revendicative des exilés arrivés
en Amérique après l'éclatement
de la guerre civile. Il s'est alors produit à
l'extérieur un important foyer de résistance
culturelle et politique de la spécificité
galicienne, persécutée en Galice par
la dictature du général
Franco. Pendant cette période, une nouvelle
émigration s'est produite, cette fois-ci à
destination des pays de l'Europe centrale, où
les nouvelles associations émigrantes ont ainsi
été crées.
Il n'est pas de famille galicienne qui n'ait connu,
en conséquence, l'émigration, soit à
travers ses aïeux, soit parmi ses proches.
Galiciens célèbres
Enfants de Galiciens «Pour les Galiciens, le Finisterre na
jamais été le bout, mais le début.»
dixit Raúl Ricardo Alfonsín, premier
président élu d'Argentine et fils de
Galicien.
La saignante émigration galicienne vers les
Amériques, puis l'Europe, oblige à mentionner
quelques «fils» célèbres
:
- Manuel Chao, dit Manu Chao, père Galicien
et mère Basque, né à Paris, chanteur
- José Doval, dit José Garcia, fils
de Galiciens, né à Paris, acteur
- Gabriel García Márquez, petit-fils
de Galiciens
- Bernardino Rivadavia, premier président argentin
1780-1845, capitaine du «Tercio de Gallegos»
dès 1807
- Pedro Benito Cambón, fondateur de San Francisco
- Fidel Castro, né à Cuba, fils d'un
Galicien, président de Cuba depuis 1959
- Raúl Alfonsín, ex-president argentin
- Nélida Piñón, fille de Galiciens
au Brésil
- Rubén Blades, fils de Galiciens à
Panama
- Ramón Estévez, dit Martin Sheen, fils
de Galiciens
- Adolfo Pérez Esquivel, prix nobel de la Paix,
né à Buenos-Aires
- Fernando Caldeiro, dit Frank Caldeiro, astronaute
à la NASA, né à Buenos-Aires,
fils de Galiciens
- Luís Vaz de Camõens, le plus grand
poète portugais du XVIe siècle (1524
- 1580), une référence nationale pour
les Portugais serait né à Lisbonne en
1524. Cest le fils de Simão Vaz de Camões,
gentilhomme de la maison du roi issu d'une famille
originaire de Galice.
- Miguel de Cervantes
Saavedra, connu notamment pour son ouvrage, Don
Quichotte, porte le nom "Saavedra"
d'origine galicienne par sa mère.
- Julio Iglesias, Né à Madrid,
crooner.
Écrivains et artistes - Castelao, Rianxo (1886-1950) écrivant
journaliste et dessinateur caricaturiste de la revue
Nos et profondément nationaliste galicien.
- Camilo José Cela, écrivain et prix
Nobel de littérature
- Ramón María del Valle-Inclán
- Rosalía de Castro
- Manuel Curros Enríquez
- Ignacio Ramonet, Redondela, directeur du Monde diplomatique
- Ramón Chao, écrivain, journaliste
- María Casares Pérez, La Corogne, 1922
- Paris, 1996 - artiste
- Fernando Casado Arambillet, dit Fernando Rey, A
Coruña, 1917 - Madrid, 1994 - Acteur
- Emilia Pardo Bazán
- Gonzalo Torrente Ballester, O Ferrol (1910-1999)
- Caroline Otero, dite la belle Otero (Ponte Valga,
1868 - Nice, 1965)
- Carlos Nuñez, musicien
- Susana Seivane, musicienne
- Juan Pardo, Né à Palma
de Majorque, crooner
- Vicente Risco, écrivain.
Hommes politiques - Castelao, Rianxo (1886-1950) homme politique,
profondément galleguiste.
- Francisco Franco,
O Ferrol (1892-1975), général et chef
de l'état (Caudillo de Espana).
- Pablo Iglesias Posse, O Ferrol (1850-1925), fondateur
du PSOE - Parti Socialiste ouvrier espagnol et de
l'UGT
- Concepción Arenal, O Ferrol (1820-1893),
une des initiatrices du féminisme espagnol
- José Calvo Sotelo, Tuy (1893-1936) était
un homme politique espagnol monarchiste de premier
plan avant la guerre civile espagnole
- Raúl Alfonsín, premier président
de la République Argentine [1983-1989]
- Mariano Rajoy , Président du parti populaire
espagnol depuis 2004.
- Manuel Fraga, ancien ministre de Franco, président
de la Communauté Autonome de Galice de 1989
à 2005
- Emilio Pérez Touriño, socialiste,
président de la Communauté Autonome
de Galice depuis 2005.
- Loly Bolay, vice-présidente du Grand Conseil
de la République et canton de Genève
2007.
Sportifs - David Cal, champion du monde d'aviron (or à
Athènes 2004)
- Iván Raña, champion du monde de triathlon
- Oscar Pereiro, cest un coureur cycliste
Politique de la Galice
Les compétences de la communauté autonome
de Galice et l'organisation de ces pouvoirs
sont définies dans le Statut d'autonomie de
Galice qui joue en quelque sorte le rôle
de constitution.
Le pouvoir exécutif est exercé par
la Xunta de Galicia («Junte de Galice»)
à la tête de laquelle se trouve le président
de la Galice.
Le parlement de Galice, où siègent
75 députés, exerce le pouvoir législatif.
Tous les quatre ans, des élections sont organisées
pour renouveler le parlement. Les dernières
ont eu lieu en juin 2005 et ont vu la première
alternance dans cette région autonome, dirigée
depuis toujours par le Parti populaire. C'est désormais
une alliance entre le PSOE (Partido Socialista
Obrero Español, Parti Socialiste Ouvrier
Espagnol) et le Bloque Nacionalista Galego
ou BNG (nationaliste) qui gouverne.
Résutats 2005 :
PP : 44,9 % des voix, soit 37 députés
(-4)
PSOE : 32,5% des voix, soit 25 députés
(+8)
BNG 19,6 % soit 13 députés (- 4).
Gauche unie (EU-IU) 0,8 % des voix, soit 0 député.
Manuel Fraga Iribarne était le président
de la communauté autonome jusqu'en juillet
2005. Il a été remplacé le 29
juillet par le socialiste Emilio Pérez Touriño.
Histoire de la Galice
La Galice doit son nom aux anciens Gallaeci,
un peuple celte implanté dans cette région
(jusqu'au fleuve Douro) vers le VIe siècle
ou Ve siècle avant l'ère chrétienne
; ce sont les mêmes Celtes qui auraient peuplé
la Bretagne et la Galice. Cependant, bien que
la langue celte se soit maintenue jusqu'à l'arrivée
des envahisseurs romains, elle n'a pas survécu
jusqu'à la fin de l'Empire romain. La Gallaecia
devint une province romaine dotée d'une certaine
autonomie avec ses propres capitales (Braga, Lugo
et Astorga).
Au cours des dernières décennies de
l'Empire romain, soit au début des grandes
invasions germaniques, les Suèves, un peuple
établi entre le Rhin et le Danube, arrivèrent
en Espagne en 409. Les nouveaux envahisseurs s'installèrent
en Galice mais ne purent imposer leur langue,
car les Gallaeci continuèrent de parler le
latin qui commença à évoluer
différemment de la langue mère. L'influence
la plus durable laissée par les Romains demeure
la langue galicienne qui se développa à
partir du latin parlé dans cette région.
Le latin a donné naissance à toutes
les autres langues de la péninsule ibérique
(castillan, catalan, portugais, galicien, aranais,
aragonais, etc.), à l'exception du basque dont
les locuteurs conservèrent leur langue d'origine
qui n'est apparentée à aucune autre
langue connue.
Rose des vents représentant les différentes
peuples celtes,
au pied de la Tour d'Hercules, phare romain de Galice.
Le royaume de Galice
La conquête romaine (137-22 avant Jésus-Christ),
motivée par la richesse en minerais, a créé,
au fil des siècles, une culture où les
éléments indigènes se sont manifestés
avec une force croissante. Les voies romaines, les
ponts (Bibei, Orense), les murailles (Lugo) et les
exploitations agricoles autour des villae changent
peu à peu l'image du pays. La Gallaecia
devient une province romaine indépendante avec
ses propres capitales, Braga, Lugo et Astorga. Mais
la trace fondamentale laissée par les romains
demeure la langue galicienne.
Le christianisme change progressivement la religiosité
populaire, même si celle-ci subsiste à
travers des mythes, des rites et des symbolismes particulièrement
riches. Au IVe siècle, les premiers sièges
épiscopaux font leur apparition, les doctrines
priscillianistes ayant un singulier succès
dans le monde rural. Priscillien finit par être
exécuté, accusé de magie et d'orgies
sexuelles mais il fut considéré dans
la Gallaecia comme un martyr, à un tel point
que les évêques galiciens, au cours du
synode de Tolède de
396, refusèrent de ne pas considérer
les priscillianistes comme des martyrs.
En 425-426, les Vandales, un autre peuple germanique,
refoulèrent les Suèves et s'établirent
également en Galice. Après une
époque initiale de conflits, Galiciens, Suèves
et Vandales s'allièrent et fondèrent
un royaume qui dura un siècle et demi. C'est
à cette époque que la Galice
reçut le dernier apport ethnique avec l'établissement,
au nord de Lugo, d'un important groupe de Bretons.
Puis, le roi wisigoth Léovigild annexa, en
585, le royaume suève de Galice, qui
devint alors une unité administrative du royaume
wisigoth. Au cours des quelques siècles qui
suivirent, les divers peuples composant la Galice,
c'est-à-dire les Galéïco-Romains,
les Suèves, les Vandales, les Bretons et les
Wisigoths, s'intégrèrent socialement
et linguistiquement, puis fortifièrent leur
royaume. Ce fut une époque d'âge d'or
pour la Galice qui s'étendit sur presque
toute la côte ouest de la péninsule (le
Portugal actuel). En 711, les Arabes mirent fin à
la domination wisigothe sur l'ensemble de la péninsule
Ibérique mais l'influence arabe demeura toujours
faible en Galice car, à part quelques
incursions, les Arabes ne s'installèrent pas
dans cette région.
Sur le plan linguistique, les Galiciens consolidèrent
leur langue, le galicien (gallego), qui se
développa non seulement en Galice du
Nord (l'actuelle communauté autonome de Galice),
mais aussi dans toute la Galice du Sud (le
Portugal d'aujourd'hui). Durant tout le Moyen-Âge,
on parlait la même langue en Galice du
Nord et en Galice du Sud. Le fleuve Miño, qui
sépare la Galice du Nord et la Galice
du Sud (Portugal), était au centre de l'aire
de la langue commune galeïco-portugaise. C'est
ce parler commun, caractérisé par des
emprunts celtiques et germaniques, qui s'est diffusé
jusqu'au sud du Portugal lors de la Reconquête
espagnole sur les Arabes.
Le galicien, une langue et une culture
Langue romane, le galicien a avec le portugais un
tronc commun, le gallego-portugués ou
galicien-portugais issu du latin, au cours du Moyen
Âge. Ce fait a motivé la création
d'une riche littérature médiévale
et a donné naissance aux deux langues actuelles
: le galicien et le portugais d'une assez forte ressemblance.
Un mouvement linguistique (le reintegracionisme)
soutient que le galicien et le portugais ne sont que
deux variétés de la même langue
gallego-luso-brasileiro et que l'actuelle séparation
entre le portugais officiel et le galicien officiel
n'est due qu'à l'hispanisation normative du
galicien (seule variété galaïco-portugués
s'écrivant avec une orthographe semblable à
celle du castillan).
De fait, selon beaucoup de linguistes, la différence
entre le galicien et le portugais parlés est
approximativement la même que celle qui sépare
les deux variétés du néerlandais
parlé : néerlandais des pays-bas et
flamand de belgique (ces deux variétés
partagent par contre la même orthographe). Un
Galicien et un Portugais se comprennent donc assez
bien.
Le plus ancien document connu écrit en galicien
a été récemment trouvé.
Il date de l'année 1228 et s'appelle le Foro
do bo burgo do Castro Caldelas. Il a été
accordé par Alphonse IX en avril de cette année
à la ville d'Orense, d'Allariz.
La culture de la Galice est indissociable
de cette langue et maintient vivante une tradition
comportant des éléments celtes, héritée
des peuples celtes établis dans les «
castros » avant l'arrivée des Romains.
Après la décadence culturelle de l'époque
moderne, le galicien et sa littérature ont
ressurgi avec la renaissance du XIXe siècle,
appelé le siècle du Rexurdimento
et avec la période Nos (« Nous
») du premier tiers du XXe. Malgré l'interruption
du processus, à cause de la guerre d'Espagne
et de la dictature franquiste, la culture galicienne
s'est à nouveau imposée progressivement
depuis les années cinquante jusqu'à
nos jours. Avec l'arrivée de l'autonomie en
1981, le galicien est devenu langue officielle avec
le castillan en Galice.
Le galicien est enseigné à l'école
primaire et il est langue véhiculaire importante
dans l'enseignement secondaire et dans les trois universités
du territoire galicien : celle de Saint-Jacques-de-Compostelle
(avec son campus de Lugo), celle de La
Corogne (avec son campus à Ferrol
et celle de Vigo (avec deux
campus, à Ourense
et à Pontevedra).
La séparation du galicien et du portugais
Soumise par les rois des Asturies
au VIIIe siècle, la Galice fut réunie
au royaume de León et de Castille en 1071.
En 1230, sous le règne de Ferdinand III de
Castille, le royaume de Galice s'intégra
définitivement à la monarchie castillane
de Léon et de Castille. Auparavant, une partie
de la Galice du Sud (le nord du Portugal actuel)
était devenue indépendante, puis le
royaume du Portugal se constitua définitivement
en 1139 avec les frontières actuelles.
Dès lors, la frontière politique qui
se fixa définitivement entre le Portugal et
la Galice produisit peu à peu ses effets
sur la langue commune galeïco-portugaise. Cette
langue, pourtant née en Galice du Nord,
qui s'était implantée au sud lors de
la Reconquête espagnole contre les Arabes, fut
coupée de ses racines galiciennes et subit
des influences différentes. Ainsi, alors que
le galicien du Nord (galéïco-castillan)
commençait à être colonisé
par l'Espagne et empruntait massivement au castillan,
le galicien du Sud (galeïco-portugais) subit
l'influence arabe, puis, plus tard, soumis à
la dynastie des ducs de Bourgogne et à l'influence
des moines de Cluny (célèbre abbaye
de Bourgogne), il emprunta une partie de son vocabulaire
au français. À partir de 1500, le terme
portugais remplaça définitivement celui
de gallego pour désigner la langue parlée
par les Portugais, ce qui scella la fragmentation
du gallego en deux langues.
Dans les siècles qui suivirent, les Galiciens
furent de plus en plus influencés par le castillan
qui imprégna massivement leur langue. Toutefois,
encore aujourd'hui, Portugais et Galiciens parlant
leur langue galeïco-portugaise (et non le galeïco-castillan)
peuvent aisément se comprendre, en dépit
des différences phonétiques, grammaticales
et surtout lexicales. À l'écrit, le
galicien et le portugais demeurent assez semblables,
exception faite, bien entendu, des différences
lexicales parfois importantes.
Le déclin du galicien
Durant tout le XVIe siècle, une dernière
période de prospérité économique
en Galice entraîna une explosion démographique
et un développement artistique et linguistique
qui atteindra son point culminant à l'époque
baroque. Cependant, l'absolutisme royal, la religion
catholique et la culture castillane officielle, les
trois forces majeures qui devaient unir l'Espagne,
ont fait en sorte que le galicien, exclu de tout usage
officiel, fut considéré comme une langue
pouvant seulement être utilisée dans
les communications orales informelles. Il s'ensuivit
une longue période sombre appelée les
Siglos Oscuros (les Siècles sombres),
qui ne se terminera qu'avec l'avènement de
la démocratie en 1975. La Galice poursuivit
son déclin au XIXe siècle et demeura
coupée du reste de l'Espagne. Pour diverses
raisons, la modernisation rurale n'a pas été
possible en Galice, qui sortit du XIXe siècle
avec une économie sous-développée
et exclusivement agricole, ce qui entraîna une
émigration massive vers l'Espagne d'abord,
puis à l'extérieur du pays. Entre 1860
et 1936, la plupart des Galiciens émigrants
sont partis pour Cuba, l'Argentine, le Brésil
et le Venezuela. La Galice prit alors un retard
considérable sur le reste de l'Espagne et la
langue galicienne resta confinée aux communications
orales et perdit tout prestige social.
Ce n'est certes pas le régime autoritaire
de Francisco Franco (1936-1975), lequel avait même
interdit l'usage du galicien, qui favorisa la restauration
de la langue galicienne.
Dans les années cinquante, l'émigration
galicienne s'est poursuivie vers l'Europe centrale
(Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique
et Suisse) ainsi que dans les principaux centres industriels
de l'Espagne (Catalogne, Pays basque et Région
de Madrid).
Cette saignée de la population a commencé
à ralentir au début des années
soixante-dix.
Puis, une fois passé le régime de la
dictature franquiste (1975), la Galice a pu
enfin bénéficier d'un statut d'autonomie
où sa condition de nationalité a été
proclamée en vertu des dispositions de la Constitution
espagnole de 1978.
La Communauté autonome de Galice a
alors été instituée et le galicien
fut reconnu co-officiel avec le castillan.
L'utilisation de la langue par la population est
en diminution depuis ces dernières années
dans les secteurs ruraux au profit du castillan (espagnol).
Cette langue est influente dans les centres urbains
depuis plus longtemps encore.
Malgré cette évolution historique en
faveur du castillan, une récente étude
sur les coutumes idiomatiques de la population galicienne
montre que 80% de cette population pratique toujours
le galicien.
De nombreux Galiciens émigrèrent au
Brésil et en Argentine, à tel point
que l'on surnomme aujourd'hui gallego ("galicien"
en français) les personnes blondes et à
la couleur claire au Brésil. Encore aujourd'hui,
dans la plus grande partie de l'Amérique latine,
tous les habitants venant d'Espagne ou vivant dans
ces pays on les appelle encore, les Galiciens, quelque
soit leurs origines régionales.
La Galice possède le statut de communauté
autonome depuis le 28 avril 1981.
Le 13 novembre 2002, le Prestige avait fait naufrage
à 270 km des côtes. Le fioul avait atteint
les plages galiciennes.
Construction emblématique de la campagne
galicienne: un hórreo, ou grenier sur pilotis.
Egalement présent dans la région des
Asturies.