Le Flamenco est un genre musical et une danse
d'origine gitane et andalouse. À l'origine,
le flamenco consistait en un chant sans accompagnement
(cante). Puis la guitare est apparue comme
accompagnement (toque), suivie des mains (palmas)
et de la danse (baile). La guitare et la danse
s'expriment désormais souvent seules, bien
que le chant soit toujours considéré
comme le cur de la tradition. Plus récemment,
des instruments comme le cajón (un instrument
de percussion provenant du Pérou), les palillos
(castagnettes), et la guitare basse, ont été
introduits.
Le canteflamenco consiste en un certain
nombre de formes traditionnelles (et d'autres plus
modernes), ayant des structures rythmiques et harmoniques
différentes. Le rythme (compas) est
sans doute la caractéristique la plus importante
pour distinguer les différentes formes du flamenco.
Les pièces sont composées de plusieurs
« phrases » ou falsetas dont la
sensation intense, rythmique est définie par
la forme principale du morceau.
Certaines formes sont chantées sans accompagnement,
alors que d'autres utilisent une guitare, voire un
autre accompagnement. Certaines formes ne s'expriment
que par la danse. En outre certaines danses ou chants
sont traditionnellement le privilège des hommes,
et d'autres sont réservés aux femmes.
Cependant de nombreux aspects traditionnels perdent
de leur rigidité. La farruca par exemple,
traditionnellement une danse masculine, est aujourd'hui
également pratiquée par les femmes.
Classification du Cante
La classification des formes du flamenco fait
l'objet de débats mais une approche classique
et pratique est de les séparer en trois groupes.
Les formes les plus profondes et les plus «
sérieuses » sont connues sous le nom
de cante jondo (ou cante grande), alors
que les formes relativement plus légères
et frivoles sont nommées cante chico.
Les formes intermédiaires sont appelées
cante intermedio (par exemple, la rumba
est une forme de fandango). De nombreux artistes
de flamenco, gherbas y compris ceux
considérés comme les plus grands, se
sont spécialisés dans une forme unique.
Aujourd'hui, cette classification n'a plus la même
signification. Le caractère jondo ou
chico est moins fonction du style de compas
(solea, buleria, tientos...)
que de l'interprétation qu'en fait le chanteur.
Par exemple, de nombreux chanteurs interprètent
les fandangos libres, ou les bulerias,
comme des cantes jondos.
Par ailleurs, on peut ajouter à cette liste
d'autres styles plus folkloriques, plus modernes,
ou certains styles hybrides :
Styles hybrides : solea por buleria, jaleos, zambra,
liviana, serrana
Cantes del Levante : taranta, tarantos, minera, cartagenera
Auxquels ils faut encore ajouter les sous-catégories
propres à certains styles. Il existe ainsi
plusieurs variantes traditionnelles de soleares,
bulerias, tangos, cantinas, fandangos (qui est
le style le plus riche en termes de sous-catégories
: il existe quasiment un fandango par village
et par interprète spécialiste des fandangos).
Ajoutons, pour être presque exhaustifs, que
la tona, proche du martinete et qui
s'interprête également sans guitare constitue
quasiment un style en soi et que les saetas
sont également très flamencas dans le
sud de l'Espagne.
Artistes de flamenco Chant
- Antonio Chacon
- Camarón de la Isla
- Diego el Cigala
- José Mercé
- Duquende
- Manuel Torre
- Terremoto de Jerez
- La Niña de los Peines
- Porrinas de Badajoz
- Pepe Marchena
- Carmen Linares
- Miguel Flores
- Bernarda de Utrera
- Fernanda de Utrera
- Agujetas
- Manolo Caracol
- El Pele
- El Chocolate
- Antonio Mairena
- Fosforito
- Estrella Morente
- Niña Pastori
- Pepe Pinto
- Antonio Molina
- Juanito Valderrama
- Carmen Amaya
- Remedios Amaya
Guitare
- Paco
de Lucía
- Melchor de Marchena
- Niño Ricardo
- Diego del Gastor
- Sabicas
- Tomatito
- Pepe Habichuela
- Juan Habichuela
- Manolo Sanlúcar
- Vicente Amigo
- Pedro Bacan
- Paco Cepero
- Paco Pena
- Ramon Montoya
- Pedro Soler
- Juan Martin
Danse
- Carmen Amaya
- Farruquito
- Sara Baras
- Israël Galvan
- Mercedes Ruiz
- Farruco
- Felix El loco
- Antonio Gades
- Christina Hoyos
- Manuel Liñán
- La Morita
- Maria Pages
- José Rafael "el Moro"
Vidéo de flamenco
Vidéo de Paco de Lucía
Histoire du flamenco
Le Flamenco trouve son origine dans trois
cultures essentielles, qui furent violemment combattues
et persécutées par l'Église catholique
: Musulmane, Juive et Andalouse. Exégètes,
musicologues, chercheurs, s'accordent à penser
aujourd'hui que Triana (quartier de Seville),
est le berceau du flamenco. C'est en effet
dans cette ville, que poètes et musiciens trouvèrent
refuges vers le XVIe siècle. D'autres sources,
telle la bibliothèque de Séville,
fait remonter la venue de troubadours « réfugiés
» en raison de persécutions au XIIIe
siècle.
Il est souvent dit que le flamenco est né
des Gitans. Ce qui, comme le souligne Michel Dieuzaide
n'est pas tout à fait exact, et de nuancer
: « Le Flamenco ne se confond pas avec
les gitans, il s'en faut ; les "payos" (ou
"gadgés" pour les Manouches), y jouent
un rôle important, mais les gitans lui donnent
son style ".Certains historiens considèrent
que les gitans par nomadisme,ont fortment contribué
à la dispersion et diffusion du flamenco.
"Cantaores" absolument prodigieux, les
gitans intègrent alors les diverses sonorités
musulmanes, telles que nous pouvons encore les entendre
de nos jours, avec l'immense el Hadj Abdelkrim Raïs
1, tout en en modifiant le rythme.
Ils s'inspirent également des cantiques liturgiques
chrétiens Mozarabes, ou "rites Mozarabes",
dont la présence est attestée dès
le début du IXe siècle. Ces liturgies
seront remplacées (pour ne pas dire interdites)
vers le début du XIe siècle par les
papes qui se succéderont, ainsi que par les
rois de Castille et d'Aragon. Elles seront de nouveau
autorisées au XVIe siècle par l'évêque
Cisneros de la cathédrale de Tolède,
qui voit là une bonne façon de ramener
au bercail les « Infidèles ». Il
est par ailleurs intéressant de noter, que
le Mozarabe apparaît pleinement dans la poésie
des troubadours appelée « muwachchaha
», terme que l'on retrouve déformé
dans la langue Rom sous la forme « muvaachaha
».
Enfin, la profonde sensibilité musicale des
gitans, puise également dans la douceur, l'exil
et la tristesse des berceuses des mères juives.
Il est très difficile de déterminer
avant le XVIIIe siècle, comment était
représenté l'« ancêtre »
du Flamenco. Des pièces de musique du XVIè
(nées vers 930-960) et ayant circulées
dans le sud de l'Europe, Corse, Andalousie,
et dans les pays Catalans, tels les « Cant de
la sibilla » - tout en étant d'ailleurs
interdits par l'Église - peuvent nous donner
une idée des sonorités arabo-andalouse,
qui composaient les voix et le son des instruments
de cette époque. A côté des instruments
traditionnels utilisés, un seul d'entre eux
semble ne pas avoir changé. Il s'agit du "rabab",
ancienne vielle à deux cordes en boyau de mouton,
dont on tire les sons avec un archet en crin de cheval.
Le son mélodieux de cet instrument, peut, sans
autres précisions, d'après le musicologue
Garcia Matos, avoir été utilisé
pour accompagner ceux que nous pouvons, nommer les
"premiers" Cantaores. Il semblerait que
la mandoline ait pu être utilisée, mais
ce, sans autre forme de précision notable,
si ce n'est quelques très vieilles photos datées
des années 1900.
À la fin du XVIIè début du XVIIIè,
le Flamenco commence à être reconnu
et revendiqué par les exclus, les déshérités.
Le chant seul, comme dans la tonà servait à
dissimuler des remarques et critiques d'ordre politique.
Ce n'est qu'au milieu du XVIIIè et au XIXe
siècle, que ce dernier commencera à
être reconnu, et à avoir un rôle
social et culturel, qui s'exprimera d'abord dans les
lieux de travail, entre amis, ou dans les réunions
familiales. Et c'est à Triana, que s'ouvriront
les premiers « tablaos », ancêtres
de nos cafés-concerts. Mais le succès
du Flamenco à aussi son revers. Il perdra
dans les années 1920, jusquà environ
1950, voire 1960 - date de son renouveau - son âme.
Mêlé à un pseudo folklore de «
bas étage », il ne servira qu'à
plaire à un public toujours plus nombreux,
en recherche de trivialités.
Il faudra attendre les années 1980, afin que
soit entrepris un travail conséquent, pour
faire découvrir aux amateurs, les plus belles
et vibrantes pages du Flamenco passé.
On le doit notamment à Mario Bois, qui propose
en 1985 à Chant du Monde de créer une
anthologie. Le succès aujourd'hui est considérable.
Les archives discographiques des plus grands (es)
interprètes couvrent à ce jour plus
d'une trentaine de volumes. Pour ce dernier, le travail
a été très difficile : "
Comment trouver cette musique dans le labyrinthe de
l'édition ? On peut dire que 80 % de ce que
l'entend est médiocre, 15 % est de "bonne
volonté", mais le reste, rarissime, est
d'une force, d'une flamboyance fascinantes".
De nos jours, pour ce qui est de l'enseignement,
des Ecoles prestigieuses, des Académies - Jerez,
Séville,
Grenade entre autres
- offrent à cette musique exceptionnelle, la
place qui est enfin la sienne. Ce qui fait dire avec
beaucoup de justesse et d'émotion à
Sophie Galland, in Le Courrier N° 66, de janvier
1993 : " Il renferme aussi et surtout les trois
mémoires de l'Andalousie,
mêlées de façon inextricable :
la Musulmane, savante et raffinée ; la Juive,
pathétique et tendre ; la Gitane enfin, rythmique
et populaire ".
En ce qui concerne aujourd'hui le quartier populaire
de Triana, les choses sont un peu moins belles. Depuis
2000-2001, le gouvernement espagnol a lancé
une "grande réhabilitation" du quartier
à de tristes fins touristiques, ce qui implique
la destruction des logements populaires, et donc,
le disparition progressive des musiciens.
Certains attribuent la création de cette musique
aux gitans, un peuple provenant d'Inde jusqu´à
récemment, on croyait qu´ils étaient
égyptiens- et dispersé, en raison de
sa condition de peuple errant, partout en Europe.
Ils sont arrivés en Espagne, au début
du XVe siècle, à la recherche de climats
plus chauds que ceux qu´ils avaient connus jusqu´à
lors sur le continent.
Selon les avis les plus répandus, au début
il n´y avait ni danse ni guitare, seulement
le chant, de sorte qu´on est arrivé à
la conclusion que le premier genre de l´histoire
fut la toná, et que celle-ci s´est
établie dans le triangle formé par Triana,
Xérès et Cadix.
Un autre aspect selon lequel cet art est un véritable
mystère réside dans le fait de définir
quelle est la provenance exacte du terme "flamenco".
Il existe de nombreuses théories concernant
la genèse de ce vocable, même si la plus
répandue est peut-être celle que défend
Blas Infante dans son livre "Origines du flamenco".
Selon le père de l´Autonomie andalouse,
le mot "flamenco" dérive des
termes arabes "Felah-Mengus", qui associés
signifient "paysan errant".
De nombreux adeptes connaissent également
la curieuse théorie affirmant que le flamenco
était le nom d´un couteau ou d´un
poignard. C´est la raison pour laquelle, dans
la saynète "El Soldado Fanfarrón",
écrite par González del Castillo au
XVIIIè siècle, on peut lire : "El
melitar, que sacó para mi esposo, un flamenco"(Le
militaire, qui sortit pour mon époux, un flamenco).
Dans une autre copla (chanson) reprise par
Rodríguez Marín, il dit : "Si me
s´ajuma er pescao (Si le poisson brûle)
/ y desenvaino er flamenco (et si je sors mon
flamenco)/ con cuarenta puñalás
(avec 40 coups de poignard)/ se iba a rematar el cuento
(allait se terminer l´histoire)". Cependant,
cette hypothèse ne s´est jamais fait
une place, de même que l´hypothèse
selon laquelle le nom avait été donné
au genre pour l´oiseau appelé flamenco
(flamand). L´autorité de ce précepte
est également due à Rodríguez
Marín, qui justifia sa position en argumentant
que les chanteurs interprétaient le chant avec
une veste courte, qu´ils étaient grands
et brisés à la taille, et c´était
la raison pour laquelle ils ressemblaient à
l´échassiers du même nom.
De même que les précédentes,
la théorie dirigée par des experts tels
que Hipólito Rossy ou Carlos Almendro dans
laquelle on affirme que nous devons le mot flamenco
à la musique polyphonique de l´Espagne
au XVI siècle qui s´est accentuée
avec les Pays Bas, c´est à dire, avec
les anciennes Flandres, n´a toujours pas été
vérifiée. Cette théorie fut également
défendue, bien que nuancée, par le voyageur
romantique George Borrow et par Hugo Schuchard, entre
autres. Selon ces écrivains, anciennement on
croyait que les gitans étaient d´origine
germanique, ce qui explique qu´on aurait pu
les appeler flamencos.
Enfin, il existe deux hypothèses moins engagées,
mais assez intéressantes. Antonio Machado et
Álvarez, Demófilo, dit que "les
gitans appellent les Andalous gachós et que
ceux-ci appellent les gitans flamencos, sans
que nous sachions la cause de cette dénomination".
Et Manuel García Matos affirme: "Flamenco
provient de l´argot employé à
la fin du XVIII siècle et au début du
XIXe pour cataloguer tout ce qui signifie ostentatoire,
prétentieux ou fanfaron ou, comme nous pourrions
le déterminer d´une façon très
andalouse, "echao p´alante" (débrouillard)".
Pour ce même auteur, ce serait un mot germanique
qui signifierait "flamboyant", "ardent".
Le flamenco fut popularisé à
la fin du XVIIIe siècle à Jerez-de-la-Frontera
en Andalousie,
par Tio Luis el de la Juliana. C'est en transportant
de l'eau depuis la source des Albarizones jusqu'à
Jerez que le troubadour créait
ses chants. Un nom qui a créé de nombreux
conflits entre les flamencologues d´antan, car
sa biographie n´a jamais pu faire l´objet
d´un consensus. Aujourd´hui, cette discussion
n´a plus la même importance car il est
toujours impossible de démontrer le fait même
qu´il ait existé. (Source : Wikipedia,
licence GFDL).