Géographie de Estella
Dispersée sur un terrain accidenté
de part et d'autre de l'Ega, Estella est morcelée
en « paroisses » qui ont grandi sans perdre
leur personnalité. Située à 426
mètres d'altitude, entourée par les
monts : Montejurra, Peñaguda, Cruz de los Castillos,
Santa Bárbara et Belástegui. Ce cercle
de monts la protège des vents. Sur le rio Ega,
affluent de lÈbre.
Origine du nom de Estella
La légende rapporte qu'en 1085, des bergers
alertés par une pluie d'étoiles, miraculeuse,
découvrirent la statue dite de Notre-Dame-du-Puy.
Et depuis ce temps-là, le bourg primitif, dont
il est fait mention, à l'époque romaine
sous le nom de Gebalda, fut appelé Estella,
nom proche du terme castillan estrella, étoile.
En tous cas, pour les pèlerins, la ville était
Estella Bella, Estella la belle
et la Basilique de la Vierge du Puy veille sur la
ville.
Culture et patrimoine de Estella
Le Pèlerinage de Compostelle
Estella est située sur le Camino
francés du Pèlerinage
de Saint-Jacques-de-Compostelle. On vient de Villatuerta,
la prochaine étape est le Monastère
Santa Maria la Real dIrache.
Aimery Picaud, dans son Guide du Pèlerin
rapporte que : « le pain est bon, le vin excellent,
la viande et le poisson abondants et qui regorge de
tous délices. » Il fait aussi l'éloge
des qualités de l'eau de l'Ega, « une
rivière d'eau douce, saine et extraordinaire
».
« Estella la bella » ainsi lappelaient
au Moyen Âge les pèlerins, était
une étape importante du « chemin »,
la troisième du Guide du Pèlerin.
En 1354 il existait six hôpitaux.
Monuments religieux
Léglise de San Pedro de la Rúa
Sur les contreforts de la falaise où se
trouvait le château, l'église se dresse
face au Palais des rois de Navarre.
Cette église était connue au XIIIe siècle
sous le nom Saint Pierre le Majeur. Elle était
mentionnée comme église paroissiale
depuis 1174, bien qu'il soit possible qu'elle existait
antérieurement. En 1256 elle a eu comme fonction
déglise principale dEstella.
Le portail, au sommet d'un escalier monumental, ouvre
sur le mur Nord ; les chapiteaux et les voussures
sont richement sculptés à caractère
végétal, géométrique et
figurée, mais son originalité réside
dans l'arc d'entrée en tiers-point, bordé
de petits lobes, qui témoigne de l'influence
de l'art dal-Andalus, avec de grandes
similitudes avec les portails des proches églises
de San Román de Cirauqui et celle Santiago
à Puente la Reina. Sur les jambages de la porte
une riche figuration classique et de type scatologique,
avec sirènes, centaures, harpies et griffons.
L'intérieur présente des parties de
la première église du XIIe siècle
quand on a conservé le chevet de léglise.
Les nefs sont du XIIIe siècle et la baie vitrée
est gothique, situé dans la paroi nord de l'église.
Le narthex et la tour sont du XVe siècle. Les
voûtes des nefs sont des XVIe et XVIIe siècles.
Elle abrite diverses uvres entre lesquelles
il convient de souligner le Retable de la Vierge du
Rosaire (première moitié du XVIIe siècle),
dans la nef centrale se trouve un tableau de la Vierge
de la O, du XIVe siècle. La chapelle de San
Andres, patron de la ville, est construite dans un
style baroque à partir de 1706. Le Retable,
effectué à la fin du XVIIIe siècle,
est style rococo.
À remarquer les trois absides romanes, dans
celle du centre une colonne est faite de trois serpents
entrelacés.
Dans le Presbytère se trouve un tableau de
la Vierge de Bethléem, fin du XIIIe siècle.
D'autres retables dont celui de San Nicolás
et celui de la Santísima Trinité, du
XVIIe siècle.
Les fonts baptismaux sont du XIIe siècle, seul
objet liturgique du bâtiment primitif.
Le cloître roman a perdu deux galeries en 1572,
lorsqu'on fit sauter le château voisin, on conserve
seulement les galeries occidental et septentrional,
datées de 1170.
La virtuosité technique et l'esprit inventif
du sculpteur des chapiteaux font regretter les parties
manquantes. La galerie Nord représente des
scènes de la vie du Christ et des saints Laurent,
André et Pierre. Les thèmes végétaux
et animaliers occupent la galerie ouest où
l'architecte facétieux a glissé un groupe
de quatre colonnes obliques.
Léglise de San Miguel
Des documents démontrent l'existence d'une
paroisse peuplé de Navarrais, et consacrée
à San Miguel depuis 1145. Située au
dessus de « la Mota », un escarpement
rocheux adapté pour la défense de la
ville. Cependant, les restes les plus anciens qui
sont conservés démontrent une construction
probablement entre 1187 et 1196, date de l'invasion
de la Navarre par
les castillans pendant le règne de Sanche le
Fort (Sanche VII de Navarre, 1194-1234). Les travaux
se sont prolongés dans le temps, de ce fait
on trouve différents styles.
Le chevet, de la fin du roman est composé de
cinq absides. Les cinq chapelles sont couvertes de
voûtes en berceaux. Les trois nefs, de trois
travées chacune, sont du début du gothique,
et elles correspondent à une restauration effectuée
dans la première moitié du XVIe siècle.
On accède par deux portails, situées
de chaque coté de l'Épître et
de l'Évangile. Coté Sud, du XIIIe siècle,
il est très simple, avec des archivoltes soutenues
dans des chapiteaux décorés avec des
végétaux stylisés. Le portail
Nord semble avoir été conçu comme
un défi lancé aux habitants de l'autre
rive. Au tympan, le Christ est entouré des
évangélistes et de personnages énigmatiques.
Sur les voussures, on distingue des anges portant
des encensoirs, les vieillards de l'Apocalypse, les
prophètes et patriarches, des scènes
évangéliques et les martyres des saints.
Sur les chapiteaux : enfance du Christ et scènes
de chasse. Sur les murs au registre du haut, huit
statues colonnes représentent des apôtres.
Au registre du bas deux hauts-reliefs, les plus achevés
et expressifs du portail, montrent à gauche
saint Michel terrassant le dragon, à droite
les trois Maries arrivant du Sépulcre. Par
la noblesse des attitudes, l'élégance
des drapés, l'expression des visages, cette
dernière scène est un chef-duvre
de la sculpture romane.
Elle conserve d'importants trésors artistiques,
notamment le retable de sainte Hélène,
offert par Martín Pérez de Eulate et
Toda Sánchez de Yarza, dont les tombes se trouvent
dans l'intérieur de léglise.
Léglise du Santo Sepulcro
Située dans l'ancienne Rúa des Pèlerins,
actuelle rue de Tanneurs, cest une des paroisses
plus anciennes que la ville d'Estella. Elle
figure dans un registre de 1123, et était déjà
siège de la confrérie du Saint-Sépulcre.
Son élaboration montre des traces d'un long
processus constructif, entamé pendant la période
romane et sest poursuivit jusqu'au XVIe siècle.
En 1881 elle na plus été utilisée
comme église paroissiale.
De léglise originale (du XIIe siècle)
on conserve la nef de l'Évangile avec son abside
semi-circulaire. Au XIVe siècle, les chevets
de la chapelle centrale et de celle du côté
sud furent construites, toutefois il ne subsiste quune
partie des murs de la chapelle centrale, tandis que
la chapelle sud il ne reste plus que les fondations.
On accède à l'intérieur par un
portail gothique du début du XIVe siècle.
Il est composé de douze archivoltes qui reposent
sur des colonnes rehaussés par des chapiteaux
décorés avec des motifs végétaux.
On reconnaît sur trois registres : la Cène,
les trois Maries au Sépulcre et l'Enfer, le
Calvaire. Les niches qui encadrent le portail abritent
des saintes et des saints traités avec un certain
maniérisme.
La Basilique de Notre-Dame du Puy
L'actuelle basilique remplace une précédente
église, de style baroque, selon un plan effectué
en 1929. Le projet a été totalement
modifié en 1949, et sest prolongé
jusquen 1951.
À partir d'un élément symbolique
un plan sous forme d'étoile, évocation
de l'apparition de la Vierge -, il s'agit d'un bâtiment
de style gothique, où la principale préoccupation
de l'architecte a été la diffusion de
la lumière.
La basilique possède un tableau de la Vierge
du Puy en majesté, patronne de la ville, couverte
en argent, du XIVe siècle. À signaler
deux tableaux du Christ, réalisés au
XVIIe siècle.
Monuments civils à Estella
- Plaza de San Martin. À l'origine,
c'était le centre du quartier des Francs Bourgeois
tout bouillant de l'animation de ses échoppes
et de ses auberges. Aujourd'hui rien ne trouble le
calme de cette harmonieuse petite place si ce n'est
le clapotis de sa fontaine. Sur un des côtés,
l'ancien hôtel de ville arbore une façade
blasonnée du XVIe siècle.
- La calle de la Rùa. C'était
le chemin qu'empruntaient les pèlerins. Au
n° 7 le palais de Fray Diego de Estella
présente une façade plateresque décorée
d'un blason.
Le Palais des Rois de Navarre
Aussi connu comme le « Palais des Ducs de
Grenade d'Ega », c'est le seul bâtiment
roman à caractère civil existant en
Navarre.
Il s'agit d'un bâtiment roman construit dans
la seconde moitié du XIIe siècle, situé
sur la place de San Martín et en faisant angle
avec la rue de San Nicolás, ancienne rues des
pèlerins.
L'élément le plus significatif est sa
longue façade principale, située face
au perron de San Pedro de la Rúa, percée
d'arcades et de baies géminées remarquables
par leurs chapiteaux.
Il est composé de deux étages, qui sont
divisés en hauteur par une corniche simple.
Le corps inférieur constitue une galerie de
quatre arcs encadrés par des colonnes adossées
à la paroi, avec comme décoration des
chapiteaux de type végétal et figuré.
Dans la partie gauche on trouve des scènes
stylisées qui racontent un épisode de
la Légende de Roland, concrètement la
scène de la lutte de Roland contre Ferragut,
en essayant d'exemplifier la lutte du bien contre
le mal. Il est signé par Martinus de Logroño.
Dans la partie droite la décoration est formée
par de fines feuilles.
Gastronomie à Estella
C'est à Estella en Navarre
et nulle part ailleurs en Espagne, que l'on peut consommer
le gorrín, succulent cochon de lait
qui fond sous la dent. On le trouve dans les asadores,
ces restaurants de feu de braise. Les meilleurs sont
dans les rues adjacentes à la place centrale
du marché de ce solide bourg ecclésiastique.
On braise le cochonnet après le marché
du mercredi et les restaurants font le plein pour
le week-end. Il est donc peu opportun de se présenter
un lundi ou mardi pour en consommer.
Il existe aussi le cochinillo de Segovia mais
les fins connaisseurs locaux vous le diront, rien
ne vaut le gorrín d'Estella en
comparaison, surtout accompagné du cogollo
de Tudela, la laitue provenant du Sud de la Navarre
réputée sur toute les marchés
de la péninsule.
Après avoir fait honneur à la gastronomie
locale pour le déjeuner, vient un appel à
l'herbe tendre qui entoure par les rives de l'eau
passante ; la promenade parmi les herbes et essences
d'arbres bordant la rivière semble aller de
rigueur en continuation du menu précité.
Histoire de Estella
Estella est établie près du
bourg primitif de Lizarra, reconquise en 914 par Sancho
Garcés (Sanche Ier de Navarre, 905-925).
En 1090 le roi Sanche Ramirez, (Sanche Ier d'Aragon,
roi de Navarre et
d'Aragon, 1076-1094)
décide de développer et de susciter
un repeuplement afin de pourvoir la cité de
commerçants, dhommes libres et decclésiastiques.
Cette population s'occuperait de lafflux croissant
des pèlerins de Compostelle.
Pour cela il a dévié le chemin primitif
du pèlerinage et construit un château
sur la rive droite du rio Ega, au pied d'un
petit relief rocheux. La même année il
a accordé un « fuero » (charte),
basé celui de Jaca,
en autorisant l'installation de « Francos »,
mais en soumettant les Navarrais au pouvoir royal.
En 1187, Sanche le Sage (Sanche VI de Navarre,
1150-1194) décide de repeupler la cité
avec des Navarrais, en accordant aux nouveaux habitants
un juridiction identique à celle qui avait
été rédigée en 1164 pour
les « Francos ». En 1188 il a accordé
la même juridiction au quartier de Arenal. Ont
coexisté, par conséquent, trois noyaux
de population différents, qui ont été
réunis en une seule commune en 1266.
La situation de Estella sur le chemin
de Compostelle a attiré des commerçants,
principalement des « francos » et des
juifs, provenant du Puy-en-Velay et de Tours, comme
lont montré les récentes fouilles
et études des églises et cimetières.
Dans Estella des commerces et des hospices
se sont établies, ce qui a engendré
un essor économique, qui a eu pour conséquence
une importante activité ; le noyau commercial
primitif a été transformé un
ensemble urbain bien défini dans un bref espace
de temps.
À partir du XIIe siècle on construit
des bâtiments, principalement religieux, qui,
suivant lexpression de Julio Caro Baroja, ont
fait d'Estella « la capitale de lart
roman navarrais ». Au XIIIe siècle, Estella
était la ville des négociants et possédait
une bourse de change.
Estella atteint son apogée au XIIIe
siècle ; sa décadence commence au siècle
suivant. Ceci est du à des faits comme la dissolution
des confréries en 1323 et des conflits entre
la Navarre et la
Castille tout au long des XIVe et XVe siècles.
Estella, appauvrie par la guerre
civile et par les inondations qui l'ont détruite,
est tombée entre les mains des troupes de Ferdinand
le Catholique en 1512. Cinquante années plus
tard on a décidé la démolition
de sa forteresse.
(Source : Wikipedia,
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