La Grande Mosquée de Cordoue (la Mezquita
de Cordoue) aussi appelée Santa Iglesia
Catedral de Córdoba, est une ancienne mosquée,
un des monuments majeurs de l'architecture islamique
et, avec l'Alhambra de
Grenade, le plus
prestigieux témoin qui nous soit parvenu de
la présence musulmane en Espagne du VIIIe au
XVe siècle. Elle est connue dans le monde entier
pour cette raison, étant le monument le plus
accompli de l'art des Omeyyades de Cordoue.
Elle est transformée en église après
la reconquista, puis
en cathédrale. C'est aujourd'hui l'église
principale du diocèse de Cordoue
en Espagne.
Lorsque les musulmans s'établirent à
Cordoue, ils rachètent
le terrain de l'église St Vincent, non loin
du Guadalquivir. L'émir Abd-Ar-Rahman Ier ordonne
d'y faire construire à la place une mosquée.
Elle fut agrandie trois fois de suite par ses successeurs,
pour finir par couvrir 23 000 m2 et devenir ainsi
la plus grande mosquée du monde après
celle de La Mecque. Cette mosquée n'est pas
orientée par rapport à la Mecque. Elle
se présente aujourd'hui sous la forme d'un
vaste quadrilatère d'environ 180 m de long
sur 130 m de large, comptant 19 nefs et plus de 850
colonnes surmontées par des chapiteaux différents.
L'édifice initial, commencé en 785
par Abd Ar Rahman Ier comprenait une cour carrée,
le patio de los naranjos ou cour des
orangers entourée d'un mur d'enceinte et sur
laquelle s'ouvrait complètement la salle de
prière, de forme rectangulaire, composée
de 11 nefs, chacune ayant 12 travées, disposées
face à la cour. Ces nefs étaient séparées
par de fines colonnes de marbre provenant d'édifices
romains ou wisigoths. Accolé au mur d'enceinte
à l'opposé de la salle de prière,
se trouve le minaret. Hisham Ier fit réaliser
plusieurs aménagements intérieurs (
des galeries destinées aux femmes qui venaient
prier et un bassin d'ablutions). La longueur des travées
fut à peu près doublée par Abd
al-Rahman II en 848 et allongée une dernière
fois par Al-Hakam II en 961. À chaque fois,
le mihrab, placé au fond de l'allée
principale dut être reconstruit. L'actuel, monté
avec l'aide d'artistes byzantins, est une énorme
coupole monolithique en marbre blanc superbement décorée.
En 987, Al Mansour voulut augmenter encore la surface
de la salle, mais la proximité du fleuve empêcha
de poursuivre l'allongement des onze travées
initiales dans la même direction : on ajouta
donc vers l'est, sur toute la longueur de l'édifice,
huit travées supplémentaires qui en
doublèrent presque la surface et mirent le
mirhab dans une position excentrée.
La mosquée de Cordoue possédait
alors plus de 600 colonnes en marbre, prises sur des
monuments antiques de toutes provenances, sur lesquelles
reposent des arcades doubles en brique et pierre blanche
(superposées l'une à l'autre avec un
espacement intermédiaire) qui permettent d'avoir
un plafond haut, et donnent à l'édifice
une impression de légèreté.
La cathédrale
Lorsque Cordoue fut prise par les chrétiens
en 1236, ceux-ci en firent une église puis
une cathédrale. Ils murèrent
l'ouverture entre la cour et la salle de prière,
ne conservant qu'une porte d'entrée (Puerta
de las Palmas). Ils abattirent quelques rangs
de colonnes pour dégager la place de la Chapelle
Royale décorée de stucs mudéjars.
Ils divisèrent également la dernière
travée à d'Al Mansour, à l'est,
pour y délimiter des chapelles.
Au XVIe siècle, les chanoines du chapitre
décidèrent de doter leur cité
d'un édifice beaucoup plus somptueux et dans
le goût du jour. Ils firent démolir une
partit,e importante du centre de l'édifice
pour y monter une cathédrale qui apparaît
comme incrustée dans la mosquée,
rompant les perspectives de la forêt de colonnes.
Ce monument allie les styles gothique, renaissance
et baroque et est magnifiquement décorée,
mais on peut regretter comme Charles Quint
le fit qu'on ait partiellement défiguré
l'exceptionnel édifice construit par les musulmans.
Les musulmans d'Espagne on demandé en 2006
l'autorisation au Pape de l'église catholique
de pouvoir prier dans la cathédrale,
qui fut autrefois la grande mosquée,
et aujourd'hui patrimoine mondial. Cette autorisation
leur a été refusée par la voie
de l'évêque de Cordoue.